3 ème réunion du Forum consultatif sur le Soudan et le Soudan du Sud, Addis Abeba, Ethiopie, 29 mars 2012 Last Updated on Friday 30 March 2012


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1.  Le  Forum  consultatif  sur  le  Soudan  et  le  Soudan  du  Sud  (SSSCF),  initialement  créé comme le Forum consultatif sur le Soudan, le 8 mai 2010, a tenu sa troisième réunion au siège de  l’Union africaine  (UA) à Addis Abéba,  le 29 mars 2012. La  réunion a été co-présidée par  le Commissaire  à  la  Paix  et  à  la  Sécurité  de  l’UA,  l’Ambassadeur Ramtane  Lamamra,  et  le  Sous Secrétaire  général  des Nations  unies  (NU)  aux Opérations  de Maintien  de  la  Paix, M.  Hervé Ladsous.

2.Outre l'UA et les NU, les Etats et organisations ci-après ont participé à la réunion: (i) des pays voisins du Soudan du Sud et du Soudan (à savoir, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Tchad et l'Ouganda; (ii) le Bénin, en sa qualité de pays assurant la présidence en exercice de l'UA,  (iii)  les  membres  permanents  du  Conseil  de  sécurité  des  NU  (Chine,  France,  Russie, Royaume-Uni et États Unis d'Amérique), ainsi que l’Afrique du Sud et le Togo, en tant qu’Etats membres  de  l’UA  siégeant  au  Conseil  de  sécurité ;  (iv)  le  Qatar,  en  tant  que  facilitateur  du processus de négociation au Darfour, et d’autres partenaires bilatéraux, à  savoir  l'Allemagne, l'Arabie  Saoudite,  le Brésil,  le  Canada,  le Danemark,  l'Inde,  l’Italie,  le  Japon,  la Norvège  et  la Turquie;  (v)  l'Autorité  intergouvernementale  pour  le  Développement  –  IGAD  (Secrétariat et Présidence), la Banque mondiale, la Ligue des États arabes et l'Union européenne (UE).
 
3. La  réunion  a  été  convoquée  pour  passer  en  revue  les  progrès  accomplis  et  les  défis rencontrés dans  les  négociations  post-sécession  entre  la République  du  Soudan  du  Sud  et  la République  du  Soudan,  et  dans  la  recherche  de  solutions  durables  à  d’autres situations préoccupantes, ainsi que pour renforcer la compréhension mutuelle et s’accorder sur le soutien que les membres du SSSCF peuvent apporter aux deux pays dans leurs efforts visant à s’assurer un avenir pacifique et prospère.  

4. Les  participants  ont  écouté  les  communications  faites  par  les  représentants  de  la République du Soudan et de la République du Soudan du Sud. Celles-ci ont été suivies par une discussion  interactive.  Les  participants  ont  également  suivi  les  communications  faites  par  le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de  l'UA,  l'Envoyé  spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Soudan et le Soudan du Sud, le Représentant spécial conjoint UA/NU pour l'Opération  hybride  de  l'Union  africaine  et  des  Nations  unies  au  Darfour  (MINUAD),  le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) et  le Commandant de  la Force  intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA).
 
5. Les participants ont souhaité la bienvenue à la République du Soudan du Sud au sein du Forum  consultatif,  et  ont  félicité  le Gouvernement  et  le peuple  du  Soudan  du  Sud  pour  leur accession  à  l'indépendance.  Ils  ont  exprimé  leur  appréciation  de  l’élégance  avec  laquelle  le Gouvernement du Soudan a reconnu les résultats du référendum.
 
6. S’agissant  des  négociations  post-sécession,  les  participants  ont  mis  en  relief l’importance  fondamentale  du  principe  qui  doit  guider les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud, à savoir la création de deux États viables s’appuyant mutuellement et vivant en paix l’un avec l'autre. Ce principe a été convenu par les Parties en 2010 et entériné par l'UA et les Nations unies.  
 
7. Les participants ont salué les efforts déployés par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau  de  l’UA  dans  la  facilitation  des  négociations  sur  les  questions  post-sécession,  dans  le respect  de  l’intégrité  territoriale  des  deux  pays,  et  noté  que  le  travail  technique  visant  à identifier  et  à  élaborer  des mécanismes  en  vue  du  règlement  de  chacune  des  questions  en discussion  a  été  accompli.  Il  s’agit  maintenant  pour  le  Soudan  et  le  Soudan  du  Sud  de démontrer  la  volonté  politique  et  le  leadership  requis  afin  de  prendre  les  mesures  dont l’urgence est reconnue par tous.



8. Les  participants  ont  félicité  les  Parties  pour  s’être  accordées  sur  plusieurs  questions pendantes  dans  les  négociations  post-sécession,  ainsi  que  le  nouvel  esprit  de  coopération démontré  lors  du  dernier  round  de  négociation,  à  la mi-mars.  Ils  se  sont  réjouis  des  progrès importants réalisés en ce qui concerne les arrangements sécuritaires, y compris les Accords sur la  sécurité  aux  frontières  du  29  juin  et  du  30  juillet  2011,  et  le  Protocole  d'accord  de  non-agression  et  de  coopération  de  février  2012.  À  cet  égard,  les  participants  ont  souligné l'importance du Mécanisme  conjoint politique et de  sécurité  (JPSM), qui est  le principal outil convenu par les deux Etats aux fins d’assurer la supervision de toutes les questions sécuritaires, et a exhorté les Parties à œuvrer à sa mise en œuvre opérationnelle intégrale dans les meilleurs délais.  Rappelant  la  résolution  2032(2011)  du  22  décembre  2011  du  Conseil  de  sécurité  des Nations unies, les participants ont exhorté les Parties à régler les questions pendantes relatives à la mise en œuvre opérationnelle du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière (JBVMM), et ont noté la disponibilité de la FISNUA à soutenir ce Mécanisme.

9.En ce qui concerne Abyei, les participants ont félicité la FISNUA pour sa contribution au maintien d'un environnement sécurisé dans la région, et se sont réjouis du travail accompli par le  Comité  conjoint  de  supervision  d’Abyei  (AJOC)  en  vue  du  règlement  des  questions pendantes.  Ils  se  sont  également  félicités  des  efforts  déployés  par  la  FISNUA  pour  créer  un environnement  propice  au  dialogue  intercommunautaire,  comme  prélude  à  la  réconciliation entre  les  communautés Ngok  Dinka  et Misseriya.  Dans  le même  temps,  les  participants  ont noté  avec préoccupation  les blocages qui  empêchent  les Parties de mettre  intégralement  en œuvre  l’Accord du 20  juin 2011  sur  les arrangements  temporaires pour  l’administration et  la sécurité dans la zone de l’Abyei, et leur ont demandé de redéployer immédiatement toutes les forces  armées  qui  s’y  trouvent  et  de  mettre  en  place  l'Administration  d'Abyei,  en  tant qu’éléments  essentiels  pour  créer  un  environnement  propice  au  retour  des  réfugiés  et  des personnes déplacées, à la migration en toute sécurité des groupes de nomades et au lancement des activités de relèvement. Les participants ont souligné la nécessité de réunions fréquentes et régulières  de  l’AJOC  pour  régler  toutes  les  questions  pendantes,  et  en  ont  appelé  aux  deux Présidents pour qu’ils  règlent, dans  les meilleurs délais,  les questions qui bloquent  la mise en œuvre  intégrale de  l'Accord du  20  juin  2012.  Ils ont  aussi  souligné  la  nécessité urgente d’un accès  et  d'une  aide  humanitaire  internationale,  afin  de  faciliter  le  retour  des  communautés déplacées.


10. Les  participants  ont  prêté  une  attention  particulière  à  la  question  du  pétrole  et  des arrangements  financiers transitoires, ainsi qu’à  la nécessité de veiller à ce que  les populations du  Soudan  et  du  Soudan  du  Sud  ne  souffrent  pas  davantage  de  l'arrêt  de  la  production pétrolière et de l'absence d'accord sur ces questions. En particulier, ils ont noté que les Parties avaient  convenu  que  les  difficultés  économiques  qu’a  connues  le  Soudan,  à  la  suite  de  la sécession  du  Soudan  du  Sud,  devraient  être  compensées  par  trois mécanismes,  à  savoir  des mesures  internes prises par  le Gouvernement du Soudan, des transferts financiers transitoires du Soudan du Sud, et  l'assistance  internationale.  Ils ont exprimé  leur  ferme appui aux efforts soutenus du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’UA visant à trouver une solution de compromis acceptable par les deux Gouvernements.
 
11. Les participants se sont  félicités du paraphe, par  les Parties, d’un  important accord sur les  questions  de  nationalité  et  le  statut  de  leurs  ressortissants  résidant  dans  l’un  ou l’autre pays. Ils se sont félicités de la tenue envisagée, avec l'aide du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de  l’UA, de  la première  réunion du Comité  conjoint de haut niveau qui est  chargé de superviser  la mise en œuvre de  l'Accord-cadre  sur  le  statut des  ressortissants des deux pays résidant dans  l’un ou  l'autre Etat. Au  regard de  l’expiration  imminente,  le 8  avril 2012, de  la période de  transition pour  la  régularisation du  statut des personnes concernées,  la  réunion a exhorté les Parties à proroger ce délai, pour permettre à ces dernières d’obtenir les documents nécessaires à la régularisation de leur situation.  



12. Les  participants  se  sont  félicités  du  paraphe  de  l'Accord  sur  la  démarcation  de  la frontière et les questions connexes, et ont appelé les Parties à entamer immédiatement sa mise en  œuvre.  Par  ailleurs,  les  participants  ont  souligné  la  nécessité  de  s’accorder  sur  une procédure  de  règlement  du  statut  des  zones  contestées  le  long  de  la  frontière  commune, notant  qu’un  tel  accord  aidera  grandement  à  trouver  une  réponse  aux  préoccupations sécuritaires le long de la frontière entre les deux pays.
 
13. Les participants ont noté qu’en près de deux ans de négociations,  l’approche adoptée par  les Parties a été caractérisée par  la méfiance et dominée par des considérations tactiques, au détriment de l'intérêt stratégique des deux pays, ainsi que des droits et du bien-être de leurs populations.  Ils ont souligné que cette approche accroît  le risque de conflit armé (ainsi que  l’a démontré  l’incident récent et regrettable survenu à  la frontière entre  les deux pays), situation qui ne permettra à aucun des deux pays de répondre aux formidables défis du développement, de la démocratisation et de la bonne gouvernance auxquels ils sont confrontés. L’incapacité des Parties  à  agir  rapidement  et  dans  la  direction  souhaitée  risque  d’amoindrir  l’attention  de  la communauté  internationale et  le soutien aux efforts de rétablissement et de consolidation de la paix au Soudan et au Soudan du Sud, avec des conséquences néfastes pour les deux pays et la  région dans son ensemble. Aussi les participants en ont-ils appelé aux Parties pour qu’elles réservent le nouvel esprit de coopération démontré lors des négociations de la mi-mars.

14. Dans  ce  contexte,  les  participants  ont  souligné  la  nécessité  pour  les  Présidents  du Soudan et du Soudan du Sud de tenir  le Sommet envisagé aussi rapidement que possible, afin de parvenir rapidement à un accord sur  toutes  les questions pendantes. Les participants et  la communauté  internationale  dans  son  ensemble  attendent  des  Présidents  Omar  Hassan  Al  Bashir et Salva Kiir Mayardit qu’ils démontrent l’esprit de compromis et l’attachement requis au bon voisinage, afin de conclure rapidement les négociations sur toutes les questions pendantes, comme seul moyen pour les deux pays de réaliser leurs objectifs sur les plans de la sécurité, de la démocratie et du développement, et de satisfaire les besoins les plus fondamentaux de leurs peuples.

15. S’agissant du Darfour, les participants se sont félicités de la signature, le 14 juillet 2011, par  le  Gouvernement  du  Soudan  et  le Mouvement  pour  la  Libération  et  la  Justice  (LJM)  du Document de Doha pour  la Paix au Darfour (DDPD). Les participants ont souligné que  le DDPD constitue la base permettant de parvenir à un règlement politique global du conflit au Darfour, et se sont réjouis des mesures prises par  l'UA et  les Nations unies en appui à  la poursuite des négociations avec  les non-signataires et à  la  tenue d'un dialogue  interne. Les participants ont félicité  les deux Parties  signataires pour  avoir pris nombre de mesures  en  vue de  la mise  en œuvre du DDPD, et ont exprimé leur volonté de les soutenir davantage dans la mise en œuvre des aspects de l'Accord qui permettront d’apporter des dividendes de paix pour les populations du Darfour, y compris le rapatriement et le relèvement. A cet égard, les participants ont félicité le  Comité  de  Suivi  et  de  Mise  en  Œuvre  (IFC)  pour  les  efforts  qu’il  déploie  en  vue  de l’application effective du DDPD. Ils ont souligné qu'une solution durable au conflit du Soudan au Darfour  exige  qu’un  accord  global  entre  Darfouriens  fasse  partie  intégrante  d'un  processus national, et ont exprimé  leur soutien aux efforts que déploie à cette fin  le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’UA.  

16.Les participants ont déploré la poursuite de la violence dans le Kordofan méridional et le Nil Bleu, son impact sur la situation humanitaire des populations civiles touchées et le fait que ce  conflit  a  induit  une  détérioration  des  relations  entre  le  Soudan  et  le  Soudan  du  Sud.  Les participants se sont félicités de l’initiative prise par l'UA, la Ligue des Etats arabes et les Nations unies  en  ce  qui  concerne  l'acheminement  de  l’aide  humanitaire,  et  ont  exhorté  le Gouvernement du Soudan à travailler avec ces organisations en vue de finaliser et de mettre en œuvre  cette  initiative,  sans  délai.  Les  participants  ont  noté  que  le  conflit  dans  le  Kordofan méridional  et  le  Nil  Bleu  appelle  un  règlement  politique,  et  ont  demandé  aux  Parties  de reprendre les négociations sans autre délai, sous  les auspices du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’UA.  
 
17. Les  participants  ont  exprimé  leur  préoccupation  face  au  fait  que  l'instabilité  dans certains  Etats  du  Soudan  du  Sud,  en  particulier  Jonglei,  les  milices  et  les  conflits intercommunautaires continuent de menacer la sécurité. Les participants ont réitéré leur appui aux mesures prises par le Gouvernement du Soudan du Sud pour le désarmement volontaire et le  règlement  des  causes  profondes,  politiques,  économiques  et  sociales,  de  la  violence communautaire.
 
18.Les participants ont souligné la nécessité de promouvoir une gouvernance inclusive et des réformes démocratiques au Soudan et au Soudan du Sud, pour permettre aux deux pays de s’attaquer aux causes profondes de leurs conflits internes.

19. Les  participants  sont  convenus  que  les  co-Présidents  du  SSSCF  entreprendraient  des consultations sur la date et le lieu de la prochaine réunion du Forum.  

Posted by Tchioffo Kodjo

Last updated by Limi Mohammed

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