Allocution de l'Ambassadeur Ramtane Lamamra, Commisssaire à la Paix et la Sécurite lors de la réunion d'experts sur la situation dans le Sahel / Suivi des recommandations de la mission d'évaluation Conjointe UA-UN Last Updated on Thursday 15 March 2012


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Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,  
Mesdames et Messieurs les experts, 
Chers invités,  
Mesdames et Messieurs 
 

Permettez?moi  tout  d’abord,  au  nom  de  la  Commission  de  l’Union Africaine  et  en mon  nom  propre,  de  vous  souhaiter  la  bienvenue  à  Addis  Abéba  et  de  vous  remercier d’avoir bien voulu répondre à notre invitation à prendre part à cette réunion d’experts sur la situation dans la région du Sahel.  Cette importante participation, en nombre et en qualité, me semble constituer une illustration probante de l’intérêt grandissant attaché par tous aux problématiques de la région sahélo?saharienne. 
 

Les conséquences de  la crise qui a secoué  la Libye  tout au  long de  l’année 2011 se font  durement  ressentir  sur  les  pays  de  la  bande  sahélo?saharienne.  L’UA,  en  ce  qui  la concerne, n’a  eu de  cesse d’exprimer  sa préoccupation  face  à  la prolifération d’armes de toutes sortes dans la région et aux risques que cette situation fait peser sur la sécurité et la stabilité à  long terme des différents pays concernés. D’autant que  la région est confrontée au  fléau du  terrorisme et de  la criminalité  transnationale organisée, ainsi qu’à des conflits latents,  additionnellement  à  l’acuité  des  défis  en  matière  d’environnement  et  de 
développement. 
 
Le  retour précipité, dans  leurs pays d’origine, de dizaines de milliers de  travailleurs 
migrants constitue une pression  supplémentaire. Ce phénomène  s’est en effet  traduit par des  pertes  de  revenus  substantiels,  dans  un  contexte  caractérisé  par  une  très  grande pauvreté et une  insécurité alimentaire aigue résultant de  la sécheresse qui affecte  les pays du  Sahel.  L’absence de perspectives de  réintégration  socio?économique  crée un  risque de tensions sociales susceptibles de dégénérer en crises politiques.  
 
Les  attaques  perpétrées  depuis  la mi?janvier  par  des  rebelles  armés  de  retour  de Libye,  au  Nord  du  Mali,  constituent  un  facteur  de  complication  supplémentaire.  Non seulement parce qu’elles portent en elles  le danger d’une plus grande déstabilisation de  la région, mais aussi parce qu’elles ont  induit des déplacements significatifs de populations, y compris en direction des pays voisins du Mali que je tiens à remercier, au nom de l’UA, pour leur accueil de ces milliers de Maliens en détresse.  
 
Mesdames et Messieurs, 

         C’est  dans  ce  contexte  que  l’UA  et  les  Nations  unies  ont  entrepris,  du  7  au  23 décembre  2011,  une mission  pluridisciplinaire  conjointe  dans  les  pays  de  la  région  pour évaluer  la  situation.  Le  rapport  de  cette mission  a  été  soumis  à  l’examen  du  Conseil  de sécurité des Nations unies,  le 26  janvier  2012,  ainsi qu’à  celui d’une  réunion  consultative ministérielle des pays de  la région tenue  le 29 janvier 2012, à Addis Abéba, en marge de la 18ème session  ordinaire  de  la  Conférence  des  chefs  d’Etat  et  de Gouvernement  de  l’UA.  A 
cette  occasion,  les  Ministres  africains  ont  favorablement  accueilli  l’initiative  de  l’UA d’organiser, conjointement avec les Nations unies, la présente réunion d’experts.  
 

 
La  Conférence  des  chefs  d’Etat  et  de  Gouvernement  de  l’Union  s’est  tout 
naturellement penchée sur la question. Elle a notamment réitéré la profonde préoccupation de  l’UA  face à  la prolifération des armes dans  la  région  sahélo?saharienne et à  la menace qu’elle constitue pour la sécurité et la stabilité à long terme des pays de la région ; réitère sa position de rejet du paiement de rançons aux groupes terroristes ; fermement condamné les activités des groupes armés dans la région ; et demandé au Conseil de paix et de sécurité de l’UA  de  tenir  une  réunion  spécifiquement  consacrée  à  la  situation  dans  le  Sahel.  C’est précisément  pour  préparer  cette  réunion ministérielle  du  CPS  prévue  pour  le  20 Mars  à Bamako que se tient votre présente réunion. 
 
Les défis auxquels la région du Sahel est confrontée sont multiples.  Il est, toutefois, admis  qu’ils  ne  pourront  être  relevés  avec  succès  que  dans  le  cadre  d’une  approche holistique  et  coordonnée,  pour  les  saisir  dans  leur  globalité  et  pour  appliquer  des traitements différenciés aux phénomènes en présence.  Il est tout aussi évident que  le rôle principal revient aux pays de  la région, qui, au cours de ces dernières années, ont déployé des efforts soutenus pour s’attaquer aux défis auxquels ils sont confrontés. En particulier, ils ont mis en place des mécanismes de  coordination destinés à  renforcer  l’efficacité de  leur action  collective,  notamment  en matière  de  lutte  antiterroriste.  L’Union Africaine  entend jouer  pleinement  son  rôle  dans  ce  domaine  et  contribuer,  à  travers  le  CAERT,  au développement  d’une  coopération  régionale  renforcée  au  Sahel  et  à  travers  tout  le continent.    

 
Dès lors, l’objectif doit être de mobiliser un appui accru aux efforts en cours, dans le 
respect scrupuleux des priorités identifiés par les pays de la région. De manière plus précise, 
la présente réunion se doit : 
 
(i) de faire  le point des efforts et initiatives en cours pour faire face aux défis auxquels la région est confrontée;  
 
(ii) d’examiner  les recommandations de  la Mission d'évaluation conjointe et à convenir des  modalités  d’une  action  qui  soit  complémentaire  aux  efforts  déployés  par  la région et renforce les programmes de soutien existants; 
 
(iii) de convenir d'actions prioritaires dans les trois domaines suivants:  
 
(a)    aspects sécuritaires et diplomatiques,  
(b)    questions humanitaires et réintégration des travailleurs migrants, et  
(c)    développement à long terme ; 
 
(iv) de formuler  les grandes  lignes d'un cadre d'action et d’accompagnement, fondé sur les plans existants, qui renforcera les efforts déployés dans la région et permettra un appui coordonné par la communauté internationale tant en matière de sécurité que de développement ; et  

 
(v) de convenir d’un cadre éventuel et des modalités d'une meilleure coordination entre tous  les  parties  prenantes  compte  dûment  tenu  de  leurs  rôles  respectifs,  et  d’un suivi efficace des recommandations qui résulteront de la réunion. 

Les  conclusions  de  votre  réunion  contribueront  à  informer  les  délibérations  de  la réunion  de  haut  niveau  du  Conseil de  paix  et  de  sécurité  de  l’UA  sur  la  situation dans  la région du Sahel, prévue à Bamako le 20 mars 2012. 
   
Mesdames et Messieurs, 


La  situation  au  Sahel  nous  interpelle  au  plus  haut  point. Nous  devons,  dans  cette région, relever le défi que pose un équilibre socio?économique très fragile dans un contexte sécuritaire rendu encore plus fragile par  la présence de groupes armés et/ou terroristes et criminels qui ont profité d’une situation de conflit dans la région pour se réarmer.  
 
 
Je voudrais, pour ma part, vous assurer de la détermination de l’UA à tout mettre en 
œuvre pour accompagner les Etats de la région dans leurs efforts individuels et collectifs de développement et de promotion de la paix, de la stabilité et de la sécurité.  Cet engagement politique  ne  saurait  aboutir  sans  un  effort  de  coordination  dans  l’action  des  Etats  concernés.  Votre  réunion  à  laquelle  prennent  part  les  Etats  et  un  nombre  significatif d’autres acteurs de la région constitue un jalon important dans cette direction. 
 
 
A  nos  partenaires  bilatéraux  et multilatéraux,  il  convient  de  rappeler  la  nécessité d’apporter un appui accru et renforce aux efforts de sécurité et de développement au Sahel. Je  leur  réitère  l’appel  que  leur  a  lancé  le  Président  de  la  Commission,  lors  la  Conférence ministérielle régionale sur la sécurité des frontières tenue le 11 mars 2012, à Tripoli.  Il s’agit pour  la  communauté  internationale de  prendre  l’exacte mesure  des  lourdes menaces  qui pèsent sur les Etats du Sahel dans un contexte de prolifération des armes, d’insécurité et de 
pauvreté persistante. 

Au moment  où  la  communauté  internationale  dans  son  ensemble  se  penche  avec plus d’attention et de sollicitude sur  les problèmes de  la région sahélo?saharienne,  l’Union africaine ne ménagera aucun effort pour aider au renforcement de la coopération régionale et  de  l’action  collective  de  soutien  en  sa  faveur.  Ce  faisant,  il  importe  de  consolider  les acquis  et  les  instruments  déjà  mis  en  place  et  d’impulser  l’action  collective  afin  d’en accroitre l’efficacité à travers des synergies et des interactions positives entre les différentes sphères dans lesquelles se déploie cette action. 
 
Je vous souhaite plein succès dans vos travaux.  
 
Je vous remercie. 



Posted by Tchioffo Kodjo

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