Allocution de l’Ambassadeur Smail Chergui, Commissaire à la Paix et à la Securite lors de la 9ème réunion du Groupe International de Contact sur Madagascar Last Updated on Tuesday 15 April 2014


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Excellence Monsieur le Président de la République,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement malgache,

Mesdames et Messieurs les représentants des membres du Groupe international de contact,

Mesdames et Messieurs, 

C’est avec un immense plaisir que je m’adresse à la présente réunion du Groupe international de contact sur Madagascar, d’autant qu’elle se tient, de façon hautement symbolique, à Antananarivo. En effet, cette session, la neuvième du genre depuis la mise en place, par l’Union africaine, de la structure de suivi de la situation à Madagascar et de coordination internationale que constitue le Groupe, a lieu dans un contexte marqué par le règlement de la grave crise qui a affecté Madagascar et l’aboutissement du processus de restauration de l’ordre constitutionnel.

La rencontre d'aujourd'hui nous offre l’occasion de fêter la conclusion heureuse de nos efforts collectifs, mettant ainsi formellement un terme à la médiation conduite par la Communauté de développement de l'Afrique australe a conduite avec le soutien déterminé de l'Union africaine et des autres membres du Groupe de contact. Dans le même temps, elle doit aussi marquer une nouvelle étape dans le partenariat entre Madagascar et la communauté internationale, à la lumière des évolutions enregistrées ces derniers mois. 

Au nom de la Présidente de la Commission, Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma, et en mon nom propre, je voudrais exprimer toute notre appréciation à Son Excellence le Président de la République pour avoir accepté d’honorer de sa présence la cérémonie d’ouverture. À travers lui, je voudrais remercier les autorités malgaches pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé et pour les dispositions prises afin de faciliter la tenue de cette réunion et d'en assurer le bon déroulement. 

Excellence,

Mesdames et Messieurs, 

La huitième réunion du Groupe, à Addis Abéba, le 6 septembre 2013, avait eu lieu dans un contexte déjà marqué par une évolution encourageante dans le processus de sortie de crise. À cet égard, il vous souviendra que la Cour électorale spéciale avait, en réponse aux demandes de la communauté internationale, éliminé les candidatures illégales de la liste des candidats à l’élection présidentielle et publié une liste définitive de candidats remplissant les conditions légales requises. Quant à la Commission électorale nationale indépendante pour la Transition, elle fixait un calendrier révisé pour la tenue des scrutins présidentiel et législatif. Ces mesures ont permis de mener le  processus électoral à bon port, et ce dans des conditions jugées crédibles et transparentes par l’ensemble des observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union africaine et de la Communauté de développement de l’Afrique australe. 

L'on ne soulignera jamais assez la contribution inestimable du peuple malgache et celle des acteurs politiques et sociaux du pays à la réalisation de ces avancées. Ils ont su conjuguer patience, sens du sacrifice et hauteur de vue, pour éviter le pire à leur nation. Ni la longueur de la crise, ni les souffrances endurées n’ont amené les Malgaches à céder à la tentation de la violence. Ils ont avec bonheur privilégié les vertus du dialogue, fidèles en cela à leurs valeurs nationales, en particulier celle du Fihavànana

Je voudrais, à ce stade, renouveler les félicitations de l’Union africaine au nouveau Président de la République, et souligner la symbolique de sa participation au Sommet de notre Union, en janvier dernier, pour marquer le retour de Madagascar, un des pays fondateurs de l'OUA, au sein de la grande famille africaine. Ce déplacement fut le premier qu'il effectua à l'étranger après son élection. 

Je voudrais également saluer le sens des responsabilités et la maturité du Dr. Jean Louis Robinson, qui a immédiatement reconnu la victoire de son adversaire, épargnant ainsi à Madagascar un nouveau conflit postélectoral qui aurait été dommageable tant à sa stabilité qu’à la consolidation de ses institutions démocratiques. 

Je me dois par ailleurs de souligner le rôle crucial joué par la Communauté de développement de l’Afrique australe dans l’accompagnement du processus de sortie de crise. Dans une parfaite complémentarité et coordination avec l’UA, qui illustre la vitalité de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, la SADC n’a ménagé aucun effort pour aider les acteurs malgaches à surmonter les difficultés qui se dressaient sur leur chemin. Je voudrais ici rendre un hommage particulier au Président Joachim Chissano, dont l’engagement, la patience et la persévérance ont été, pour tout dire, exceptionnels. De même, je me dois de marquer la profonde reconnaissance de l’UA à mon prédécesseur et compatriote, l’Ambassadeur Ramtane Lamamra, qui, à des moments critiques du processus de sortie de crise, a grandement contribué à surmonter les blocages  et à rapprocher les positions des uns et des autres. Enfin, je voudrais dire toute notre gratitude aux membres du Groupe international de contact pour leur accompagnement collectif et déterminé de la Médiation, qui a permis à la communauté internationale de parler d’une même voix et d’user efficacement de son influence pour faciliter la recherche d’une solution. 

Excellence,

Mesdames et Messieurs, 

Tout en célébrant le chemin parcouru et les résultats obtenus, nous ne devons pas perdre de vue l’ampleur des défis qui restent à relever.  Il s'agit pour les Malgaches de mettre en œuvre les aspects pendants de la Feuille de route de sortie de crise, avec un accent particulier sur le parachèvement de la mise en place des principales institutions de l’État malgache, la consolidation du processus démocratique et la promotion de la rréconciliation nationale. De même, il convient d'œuvrer à l’amélioration de la situation sécuritaire, notamment au sud du pays, et à la relance du développement socio-économique, pour répondre aux attentes du peuple malgache, qui a payé un lourd tribut à la crise. L’UA se réjouit du volontarisme dont le nouveau Président de la République fait preuve, ainsi que des mesures déjà prises par les autorités malgaches dans tous ces domaines. Elle les engage à poursuivre et à intensifier leurs efforts. 

Dans ce contexte, notre réunion se doit d’examiner les voies et moyens d’un soutien international coordonné qui soit à la hauteur des défis auxquels Madagascar est confronté, particulièrement dans le domaine socio-économique. L’interaction que les membres du Groupe de contact auront avec les responsables concernés du Gouvernement malgache nous aideront à mieux apprécier les priorités du moment. La mobilisation du soutien requis n’en sera que davantage facilitée. Je suis convaincu que la communauté internationale, après des efforts soutenus pour faciliter la sortie de crise, aura à cœur de rentabiliser son investissement, en mettant à la disposition de Madagascar, et dans les délais qu’appelle l’urgence de la situation, les ressources dont ce pays a tant besoin. 

L'Union africaine continuera, pour sa part, à apporter sa contribution aux efforts en cours. C’est dans cet esprit que la Présidente de la Commission a décidé de nommer Madame Hawa Ahmed Youssouf comme sa Représentante spéciale à Madagascar. En étoffant notre présence à Antananarivo, nous avons voulu signifier notre détermination à continuer à être aux côtés de nos sœurs et de nos frères malgaches dans cette phase délicate et exaltante de consolidation des acquis enregistrés. Atteindre cet objectif, faut-il le souligner, exigera de la part de tous les acteurs malgaches un engagement de tous les instants et un sens élevé de responsabilité. L’Union africaine les exhorte à inscrire résolument leurs actions dans un tel esprit et à se hisser à la hauteur des enjeux du moment, en mettant l'intérêt supérieur de leur pays au-dessus des considérations partisanes et personnelles. Leur peuple n'attend pas moins d'eux. 

Excellence,

Mesdames et Messieurs, 

Notre Groupe a été créé dans le contexte de la grave crise politique et institutionnelle qu’a connue Madagascar. Maintenant que cette page douloureuse et, avec elle, celle de la médiation internationale ont été fort heureusement tournées, c'est aux Malgaches qu'il appartient, dans le cadre de leurs nouvelles institutions et de façon souveraine, de trouver les réponses les plus idoines aux divergences politiques qui pourraient encore les séparer. De telles divergences sont, au demeurant, fort naturelles dans tout système démocratique. 

Nous nous devons, pour notre part, en tant qu'acteurs internationaux, d’ajuster notre mode d’action, pour tenir compte de la nouvelle donne. Je crois que cette adaptation doit toucher jusqu'à la dénomination de notre Groupe. Un plus grand accent doit être mis sur l'accompagnement des efforts des autorités et autres parties prenantes malgaches sur la base des besoins qu'ils auront exprimés et des priorités qu'ils auront déterminées. 

Plus que jamais, le partenariat avec Madagascar doit être marqué du sceau de l’appropriation malgache des efforts de consolidation des acquis remarquables qui ont été enregistrés et de l'entreprise de relèvement socio-économique, ainsi que par celui du nécessaire leadership national. 

Je vous remercie de votre aimable attention.

Posted by Tchioffo Kodjo

Last updated by Abraham Kebede

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