Allocution de l’Ambassadeur Smail Chergui, Commissaire à la paix et a la securite, à l’ouverture du dialogue Intercentrafrican Last Updated on Friday 25 January 2019


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Monsieur le Ministre des affaires étrangères de la République du Soudan,

Mesdames et messieurs les autorités civiles et militaires de la République du Soudan,

Monsieur le Secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, Jean Pierre Lacroix,

Messieurs les Ministres et mesdames et messieurs les membres des délégations ministérielles des Etats de la région,

Mesdames et messieurs les représentants des organisations et mécanismes régionaux,

Mesdames et messieurs les membres de la délégation du Gouvernement de la République centrafricaine au dialogue,

Mesdames et messieurs les participants,   

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord exprimer, au nom du Président de la Commission de l’Union africaine, M. Moussa Faki Mahamat, et en mon nom propre, les sincères remerciements au Gouvernement de la République du Soudan pour avoir accepté d’accueillir cette importante rencontre de dialogue entre les représentants du gouvernement centrafricain et les groupes armés. Ce dialogue à Khartoum constitue en effet un tournant cardinal pour la République Centrafricaine. Nos remerciements vont au Gouvernement en raison également des multiples dispositions prises en vue du bon déroulement des travaux. Chers sœurs et frères soudanais, merci pour votre hospitalité légendaire.

Mesdames et messieurs,

Nous sommes aujourd’hui à Khartoum pour le dialogue parce qu’un travail de longue haleine a été fait sur le terrain. Je saisis cette occasion pour remercier nos représentants respectifs en République centrafricaine, Moussa et Parfait.  

Comme vous le savez, du 8 au 10 janvier 2019, une mission conjointe conduite par l’Union africaine, l’Organisation des Nations unies et les Ministres des affaires étrangères de la région s’est rendue à Bangui,  afin de donner une impulsion décisive à l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine. 

Nos échanges avec le Président Professeur Faustin Archange Touadéra, et les autres  autorités du pays, ont conforté les évidences suivantes :

?     il n’existe pas de solution militaire à la situation centrafricaine;

?      il n’y a pas d’alternative crédible au dialogue, qui est la voie préconisée dans le cadre de l’Initiative africaine ;

?     il est impératif de faire de cette année 2019, celle de la paix en République Centrafricaine, celle du succès de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation et celle d’un nouveau et vibrant chapitre dans l’histoire de ce pays frère.

L’un des résultats probants de cette série de rencontres est la décision d’entamer le dialogue direct entre le Gouvernement et les groupes armés ici même à Khartoum, convoqué par l’Union africaine avec le soutien des Nations unies, et la généreuse hospitalité de nos frères soudanais à partir de ce jour 24 janvier 2019. 

Mesdames et messieurs,

La République Centrafricaine, il ne faut pas s’en cacher, doit relever des défis majeurs notamment l’insécurité persistante, la crise humanitaire exacerbée, la remise en cause de l’autorité de l’Etat, le sentiment d’exclusion et tant d’autres maux.

Mais vous savez aussi que vous pouvez compter sur la solidarité des pays-frères de la région, de l’Union africaine et des Nations unies ici présents et de nombreux partenaires de votre pays.

Toutefois, la responsabilité première pour le retour et la consolidation de la paix, le renforcement de la réconciliation reposent sur vous, chers sœurs et frères Centrafricains. Vous avez l’exigence de l’humilité et du compromis sur ce qui vous divise. En outre, en ces moments cruciaux pour la République Centrafricaine, vous avez tout autant que nous une obligation de résultat. Vous avez le privilège de choix créatifs, voire audacieux sur les moyens de sceller la paix et de lancer ici et maintenant les signaux évidents d’une réconciliation exigée par vos concitoyens, par l’Afrique et tous les amis de la République Centrafricaine.  

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, une fois de plus, vous assurer de l’entière mobilisation de la Commission de l’Union africaine pour  accompagner les parties prenantes centrafricaines dans le règlement durable du conflit dévastateur que la patrie de Barthélemy Boganda traverse depuis trop longtemps. Je peux vous affirmer que très récemment, j’ai plaidé, avec d’autres, pour le soutien à la République Centrafricaine lors de la réunion conjointe Union africaine, Union européenne à Bruxelles. En effet, il nous faut dès à présent réunir les moyens de la mise en œuvre de l’accord  que, je l’espère, sanctionnera les retrouvailles de Khartoum.  

Chers Centrafricains, votre peuple a trop souffert. Au nom de cette souffrance, nous vous exhortons à vous hisser à la hauteur de vos responsabilités et à mettre en avant votre unité dans votre diversité. Comme le père fondateur disait, « Zo kwe zo », « l’homme vaut l’homme ».

Je suis convaincu que la présente réunion posera les jalons d'un véritable élan de réconciliation nationale et permettra enfin au pays de retrouver son rayonnement dans le concert des nations.

Je vous remercie de votre attention.

Posted by Limi Mohammed

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