Excellences Mr le Ministre des Affaires Etrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni, Excellences Messieurs les Ministres, Distingués invités, Mesdames et Messieurs les Délégués,
1. Au nom de la présidente de la Commission de l’Union Africaine, je voudrais exprimer nos remerciements et notre gratitude au Royaume uni pour l’organisation de cette réunion et pour l’invitation qui a été adressé à l’Union Africaine.
2. La réunion d’aujourd’hui est une réunion de suivi de la conférence tenu le 17 Mai à Paris au niveau des Chefs d’Etats. L’Union Africaine n’était pas présente mais elle reconnait qu’il s’agit d’une initiative salutaire dont l’objectif est de trouver une réponse à une crise sécuritaire avec des conséquences humanitaires qui ont émus le monde entier à commencer par le peuple nigérian et ses frères africains. Il s’agit de l’enlèvement de plus de 200 lycéennes par le groupe Boko haram au Nord-est du Nigéria dans la ville de Chibok. L’Union Africaine a par la voie la plus autorisée condamné cet acte ignoble et continue à réclamer la libération sans conditions de ces jeunes filles.
3. L’Union Africaine se réjouit qu’après la conférence de Paris, les pays de la région ont entrepris des initiatives dans le sens de plus d’actions collectives et coordonnées pour lutter contre le fléau de Boko Haram. L’Union Africaine salue les pays de la communauté internationale dont le Royaume Uni qui sont venus prêter main forte au Nigéria et à ses voisins. L’Union Africaine est prête à se joindre à leurs efforts.
4. Deux jours après la réunion de Paris, la Commission de l’Union Africaine a organisée à Ouagadougou une réunion qui a regroupé les chefs des services de renseignement et de sécurité des onze pays de l’espace Sahélo-Saharien dont le Nigéria. Cette réunion se tenait dans le cadre du processus de Nouakchott mis en place par la Commission de l’Union Africaine depuis quinze mois et dont l’objectif est de promouvoir la coopération régionale en matière de sécurité et la mise en œuvre de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité dans la région du Sahel. Au cours de cette réunion, les participants ont réaffirmé la pertinence des principes qui fondent le processus de Nouakchott.
• Dans l’espace Sahel Sahara, aucun pays n’est en mesure à faire face tout seul aux défis de sécurité.
• Qu’il faut par conséquent coopérer, mutualiser les efforts et les capacités si on veut venir à bout du terrorisme, du narco-traffic, de la criminalité transfrontalière.
• Que la coopération au niveau sécuritaire suppose d’abord une volonté politique commune des pays de la région
5. Depuis quinze mois, les Ministres des Affaires étrangères des 11 pays de l’espace Sahélo-Saharien dont le Nigéria se sont réunis trois fois : en Mars 2013 à Nouakchott, en Septembre 2013 à N’Djamena et en Février 2014 à Niamey. Des responsables des services de renseignement et de sécurité des même pays se sont réunies à cinq reprises. Et la réunion des 19 et 20 Mai à Ouagadougou se situait dans ce cadre. S’agissant spécifiquement de la lutte contre Boko Haram, la réunion d’Ouagadougou a suggéré les mesures suivantes qui par la suite ont été endossées par le Conseil de Paix et de Sécurité dans sa réunion du 23 Mai 2014.
• L’envoi au Nigéria d’une mission de haut niveau pour sur le plan politique exprimer la solidarité avec le peuple et les autorités de ce pays, au plan technique, étudier avec le Gouvernement la contribution de l’Union Africaine dans la lutte engagée contre Boko Haram.
• En coordination avec le Nigéria, suggérer la création d’une cellule composée des agents de renseignement des 11 pays du processus de Nouakchott et des pays voisins du Nigéria qui serait un cadre d’échange d’information sécuritaire au quotidien et en temps réel.
• En collaboration avec les pays du bassin du lac Tchad, mettre en place un mécanisme de lutte effective contre BOKO HARAM sur base du modèle utilisé pour l’éradication de la LRA dans les pays de l’ Afrique de l’Est et de l’Afrique central. En d’autres termes, il s’agit concrètement de mettre sur pied une force régionale avec des mécanismes de coordination qui regrouperaient l’Union Africaine, les pays de la région et les partenaires extérieurs.
• Contribuer à une campagne de déradicalisation qui serait bien sûr piloté par le Nigéria et où toutes les organisations de bonne volonté comme l’Union Africaine pourraient intervenir. L’objectif serait de soutenir le gouvernement, la société civile, les organisations religieuses, les médias, à encadrer la population à la base pour qu’elles puissent se démarquer de cette idéologie diabolique de Boko Haram.
• En utilisant ses moyens légaux et normatifs existants, contribuer à la lutte contre le terrorisme basé sur sa stratégie Sahel qui combine les actions en matière de sécurité, de gouvernance et de développement.
6. Pour nous résumer, nous pensons que la coopération régionale est la voie la plus appropriée pour lutter contre le phénomène de Boko Haram. C’est ce que nous essayons de promouvoir dans la région de l’espace Sahel-Sahara depuis quinze mois. Nous sommes d’avis que les mêmes actions devraient être engagées dans les pays du bassin du lac Tchad. La coopération en matière d’échange d’information, de renforcement des capacités dans la lutte contre le terrorisme en particulier, le contrôle des frontières et enfin les mécanismes sécuritaires, militaires qui permettent de terroriser les terroristes.
7. En collaboration avec le Nigéria et ses voisins, les partenaires de la communauté internationale qui, heureusement, ont déjà manifesté leur solidarité, l’Union Africaine est prête à s’impliquer, à jouer son rôle de catalyseur d’une coopération régionale effective. Au moment où nous tenons cette réunion, la mission de haut niveau dont j’ai parlé plus haut est en route pour le Nigéria et les pays voisins. Encore une fois je remercie le gouvernement du Royaume-Uni qui a organisé cette rencontre de haut niveau et qui a bien voulu y associer l’Union Africaine.
Je vous remercie
Posted by Tchioffo Kodjo
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Allocution de S.E.M Pierre Buyoya, Haut Représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine au Mali et au Sahel lors de la Réunion ministérielle sur la sécurité au Nigéria, Londres, 12 Juin 2014 