Allocution du Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine, Ambassadeur Smaïl Chergui lors de la Réunion inaugurale du Groupe de Suivi et d’Accompagnement de la Transition pour le Burkina Faso Last Updated on Tuesday 13 January 2015


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 -    Excellence Monsieur Michel Kafando, Président de la Transition, Président du Faso,

Monsieur le Premier Ministre,

- Mesdames et Messieurs les Ministres et membres des institutions de la Transition,

Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,

Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest,

Monsieur le Haut Représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, 

-                     Monsieur l’Envoyé spécial de l’Union africaine,

Monsieur l’Envoyé spécial de la CEDEAO,

Mesdames et Messieurs les représentants des pays et institutions membres du Groupe international de soutien et d’accompagnement de la transition au Burkina Faso,

-  Mesdames et Messieurs, 

Permettez-moi,  tout d’abord, de m’acquitter d’un devoir en vous transmettant les salutations fraternelles de Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine, Dr. NKosazana Dlamini-Zuma, qui aurait bien voulu être des nôtres aujourd’hui.

 

En son nom, et au nom de la Commission de l’Union africaine, je voudrais dire toute notre gratitude au Président Michel Kafando, qui nous fait l’honneur d’être parmi nous ce matin. Nos remerciements s’adressent également au peuple et au Gouvernement burkinabè pour la chaleur de leur accueil et les excellentes conditions de travail dans lesquelles se tient notre réunion.  

Je remercie les Ministres et autres représentants des pays et organisations ici représentés pour avoir répondu positivement à notre invitation. Leur présence est un témoignage éloquent de l’intérêt qu’ils portent au destin du Burkina Faso et de leur engagement à accompagner ce pays à un moment particulier de son histoire. 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

En m’adressant à la réunion inaugurale de ce Groupe, je voudrais, une fois encore, au nom de l’Union africaine, saluer la dignité, la responsabilité et l’esprit de compromis dont le peuple ainsi que les acteurs politiques et sociaux du Burkina Faso ont fait preuve dans la gestion de la situation que leur nation a traversée à la fin du mois d’octobre 2014. Ce faisant, ils ont ainsi apporté la preuve que nos pays peuvent trouver en eux-mêmes le génie nécessaire pour transcender des conjonctures difficiles. L’adoption dans des délais rapides d’une Charte de la Transition, la désignation subséquente d’un chef de l’État suivie de la formation d’un Gouvernement, ainsi que la mise en place du Conseil national de transition, sont autant d’illustrations d’une maturité politique qui fait la fierté de l’ensemble du continent.  

 

Nous sommes réunis ici pour réitérer notre appréciation au peuple et aux acteurs politiques et sociaux burkinabè, singulièrement la jeunesse, pour les jalons importants qu’ils ont déjà posés en vue du redressement et de la reconstruction de leur pays, ainsi que de la consolidation du processus démocratique. À mes sœurs et frères du Burkina Faso, je voudrais dire que votre combat, particulièrement en ces deux journées décisives des 30 et 31 octobre 2014, a captivé l’attention de l’ensemble du continent et suscité des sympathies allant très largement au-delà des frontières nationales de votre pays. Il a ouvert une aube nouvelle dans l’histoire du Faso et soulevé l’espoir de la relance du projet démocratique que porte notre Union, ainsi qu’en témoignent nombre d’instruments pertinents, y compris la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance. 

Nous sommes également ici pour convenir avec les acteurs burkinabè des modalités d’un soutien renforcé et coordonné à l’entreprise qu’ils ont engagée. Notre rencontre, faut-il le rappeler, se situe dans le prolongement du communiqué adopté par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, à la mi-novembre 2014. Dans ce communiqué, le Conseil, s’étant félicité des évolutions positives alors enregistrées sur le terrain, a demandé à la Commission, conjointement avec la CEDEAO et les Nations unies, de mettre en place un Forum international regroupant les pays et organisations concernés, afin de soutenir la transition au Burkina Faso et de faciliter la mobilisation de l’appui y nécessaire. 

Dans ce cadre, la présente rencontre nous offre l’occasion d’interagir de façon approfondie avec les autorités de la transition et d’autres acteurs, de manière à avoir une appréciation aussi exhaustive que possible de la situation et des défis à surmonter. Nous savons que, par nature, les transitions ne sont jamais faciles. Elles interviennent dans des contextes marqués par de fortes attentes et l’apparition de nouvelles exigences dans la gestion de la chose publique. Elles sont propices à l’émergence de revendications multiples et de nombreuses priorités.

 

Mais nous sommes certains de pouvoir compter sur la maturité et le sens des responsabilités du peuple et des acteurs burkinabè, pour que le cap soit maintenu et que l’objectif fondamental de la transition ne soit pas perdu de vue, dans une approche réaliste privilégiant le dialogue, l’inclusion et la recherche permanente du consensus le plus large possible. C’est le lieu pour moi d’exhorter tous les acteurs concernés à ne ménager aucun effort pour mener à son terme la transition, avec la tenue, dans les délais convenus, des scrutins présidentiel et législatif. 

Excellence, Monsieur le Président, 

Mesdames, Messieurs, 

            Face à la situation qu’a connue le Burkina Faso à la fin du mois d’octobre dernier, l’UA, la CEDEAO et les Nations unies, avec l’appui de la communauté internationale, ont montré une grande unité de vue et d’action dans leurs efforts visant à aider les parties prenantes burkinabè à relever les défis du moment. De même, il convient de saluer la promptitude et l’engagement avec lesquels les dirigeants de la région et le Président en exercice de l’Union africaine se sont mobilisés pour trouver une solution rapide à la situation. Nous saluons, une fois encore, l’action décisive qui fut la leur.

 

Je voudrais assurer les acteurs burkinabè que c’est dans les mêmes dispositions que le Groupe international de soutien aborde son rôle d’accompagnement de la Transition pour l’organisation d’élections libres, transparentes et régulières, objectif majeur que nous nous devons d’atteindre ensemble pour répondre à l’aspiration légitime du peuple burkinabè à la démocratie et à l’État de droit. 

Il est crucial que l’Afrique et le reste de la communauté internationale apportent tout le soutien financier et technique nécessaire à la tenue des élections. Nous comptons saisir l’occasion du prochain Sommet de l’Union africaine pour mobiliser davantage nos États membres afin qu’ils contribuent à cet effort, dans l’esprit de la solidarité africaine. 

Au-delà des élections, il s’agit aussi pour la communauté internationale d’apporter au Burkina Faso une assistance économique et financière qui soit à la hauteur des besoins, avec un accent particulier sur l’emploi des jeunes et l’aide aux couches les plus défavorisées de la population. C’est en permettant à ces catégories de vivre dignement et en leur redonnant foi en l’avenir que nous aiderons les acteurs burkinabè à renforcer la cohésion sociale, à créer les conditions d’une stabilité durable et à approfondir la démocratie.

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, 

Je voudrais, à nouveau, saluer, au nom de l’UA, les efforts remarquables déployés par le Président Michel Kafando depuis sa prise de fonction, pour la promotion du dialogue et du consensus entre les Burkinabè. Monsieur le Président, la sagesse et la pondération avec lesquelles vous conduisez la transition confirment la justesse du choix porté sur votre personne. J’assure le Premier Ministre Isaac Zida et l’ensemble du Gouvernement de notre soutien pour mener à bon port cette transition. 

Je renouvelle la détermination et la disponibilité de l’UA, en étroite coopération avec les pays de la région et les partenaires internationaux, à jouer le rôle qui est le sien dans l’accompagnement et le soutien à la transition. Son aboutissement est crucial pour le Burkina Faso, mais également pour la poursuite des processus démocratiques ailleurs sur le continent. 

Honneur au peuple du Burkina Faso, gloire à ses martyrs.

Merci de votre aimable attention.

 

 

 

 

Posted by Tchioffo Kodjo

Last updated by Abraham Kebede

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