Communiqué de la 1332ème réunion tenue le mardi 24 février 2026, portant concertation avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international de développement agricole (FIDA) Last Updated on Friday 13 March 2026


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COMMUNIQUÉ

Adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) à sa 1332e réunion tenue le mardi 24 février 2026, portant concertation avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international de développement agricole (FIDA) :

Le Conseil de paix et de sécurité,            

Reconnaissant le lien inextricable entre la sécurité alimentaire, la paix et la sécurité, et qu'investir dans la sécurité alimentaire, c'est investir dans la paix et la sécurité ;

Rappelant le thème de l'UA pour l'année 2026, à savoir : « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », et la Déclaration de Kampala sur le « Programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA)» dont la vision est de bâtir des systèmes agroalimentaires résilients et durables en Afrique, adoptée par le Sommet extraordinaire de l'UA sur l'après-Malabo, tenu le 9 janvier 2025 à Kampala (Ouganda), et vise à augmenter la production agroalimentaire du continent de 45 % à l'horizon 2035;

Rappelant également la Décision [Assembly/AU/Dec.813(XXXV)] adoptée par la 35e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'UA, tenue les 5 et 6 février 2022 à Addis-Abeba, qui a déclaré 2022 « Année de la nutrition et de la sécurité alimentaire », la Déclaration de Malabo sur la croissance et la transformation accélérées de l'agriculture en Afrique pour une prospérité partagée et de meilleures conditions de vie », adoptée à Malabo en juin 2014,  la Déclaration d'Abuja sur les engrais pour une révolution verte africaine, adoptée lors du Sommet extraordinaire de l'UA tenu en juin 2006, et la Déclaration de Maputo sur l'agriculture et la sécurité alimentaire et le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA), adoptés en juillet 2003;

Rappelant en outre ses décisions et déclarations antérieures sur la sécurité alimentaire et les conflits en Afrique, en particulier le Communiqué [PSC/PR/COMM.1083 (2022)] adopté à sa 1083e réunion tenue le 9 mai 2022, qui s'inscrivait dans le droit-fil du thème de l'UA pour l'année 2022, à savoir : « Renforcer la résilience nutritionnelle et la sécurité alimentaire sur le continent africain: renforcer les systèmes agro-alimentaires, les systèmes de santé et de protection sociale pour l’accélération du développement du capital humain, social et économique» ; et réaffirmant l'engagement à faire taire les armes en Afrique à l'horizon 2030;

Prenant note de l'allocution d'ouverture de S.E. l’Ambassadeur Dr Obaida Eldandarawy, Représentant permanent de la République arabe d'Égypte auprès de l'UA et Président du CPS pour le mois de février 2026, de l'allocution liminaire de S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, de la communication de Dr Janet Edeme, Chef de la Division du développement rural, au nom de S.E. Moses Vilakati, Commissaire à l'agriculture, au développement rural, à l'économie bleue et à l'environnement durable (ARBE), et prenant également note des communications de Dr Abebe Haile Gabriel, Directeur général par intérim de la FAO, de Mme Lydie Kouame du PAM et de Mme Sara Mbado-Bhunu du FIDA ; et


Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité ;

1. Se déclare profondément préoccupé par les effets néfastes des conflits violents et du changement climatique sur la sécurité alimentaire et la nutrition et, dans ce contexte, souligne la nécessité pour les États membres de continuer à renforcer davantage leurs secteurs agricoles et la gouvernance des ressources naturelles, afin d'assurer la sécurité alimentaire et de prévenir les conflits liés aux ressources ;

2. Souligne la causalité bidirectionnelle et le lien inextricable entre la sécurité alimentaire, la paix et la sécurité, et que l'insécurité alimentaire sur le continent est liée aux conflits armés et à la violence ;  

3. Souligne également le lien entre les conflits et la sécurité alimentaire qui en découle, d'une part, et la menace de famine, d'autre part, et demande à toutes les parties à un conflit armé de s'acquitter de leurs obligations en vertu du droit international humanitaire en ce qui concerne le respect et la protection des civils et de veiller en permanence à épargner les biens civils, et de s'abstenir d'attaquer, de détruire, d'emporter ou de mettre hors d'usage les biens indispensables à la survie des populations civiles ;

4. Souligne la nécessité pour les États membres de remédier de manière globale aux causes structurelles profondes des conflits violents et de l'instabilité, et pour les pays en proie à des conflits persistants de donner la chance à la paix en acceptant des solutions politiques à leurs conflits;

5. Salue les efforts déployés par la Commission de l'UA, le Département de l'agriculture, du développement rural, de l'économie bleue et du développement durable (ARBE), en collaboration avec toutes les autres organisations régionales et internationales, notamment le PAM, la FAO et le FIDA, pour fournir une assistance technique aux États membres en vue de promouvoir la sécurité alimentaire ;

6. Se félicite de la mise en place de la Stratégie « Nourrir l'Afrique » et de l'initiative « Capacité africaine de gestion des risques (ARC) », qui prévoient une assurance contre les sécheresses et autres chocs climatiques, permettant ainsi aux gouvernements africains de répondre rapidement aux crises et d'empêcher que les pénuries alimentaires ne dégénèrent en véritables catastrophes humanitaires ;

7. Demande à la Commission de l'UA d'intégrer les indicateurs de sécurité alimentaire dans le Système continental d'alerte précoce (CEWS) de l'UA, et d'inclure également l'insécurité alimentaire dans la Matrice des menaces pour la paix et la sécurité en Afrique qui a été adoptée en août 2025 ;

8. Conscient de la dimension genre de l'insécurité alimentaire et de son impact disproportionné sur les femmes et les enfants, souligne la nécessité pour les États membres d'autonomiser les femmes en veillant à leur accès aux droits fonciers, au financement, aux intrants agricoles et à la technologie, ainsi qu’à leur leadership dans la gestion des ressources alimentaires ;

9. Souligne la nécessité de renforcer la coordination entre les stratégies de consolidation de la paix et les programmes de relance agricole dans les zones touchées par des conflits sur le continent et, dans ce contexte, appelle à envisager un allègement de la dette de tous les pays où les conflits violents exacerbent la faim et l'insécurité alimentaire ;

10. Encourage les États membres à privilégier les investissements dans la sécurité alimentaire, notamment en promouvant une agriculture intelligente et résiliente au climat, une utilisation durable des terres et une gestion intégrée des ressources en eau, y compris en favorisant la participation effective du secteur privé afin d'atténuer les conflits liés aux ressources et à l'alimentation, ainsi que pour renforcer les stratégies d'adaptation ;

11. Encourage également les États membres à accélérer leurs efforts pour renforcer davantage l'autosuffisance alimentaire régionale grâce à la mise en œuvre du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment en renforçant le commerce intra-africain des produits agricoles/alimentaires et la chaîne de valeur ;

12. Appelle à privilégier les investissements dans la production régionale d'engrais, les réserves stratégiques de céréales, la construction d'infrastructures de stockage et les capacités industrielles de transformation agricole, afin de réduire la dépendance excessive vis-à-vis de l'extérieur et l'exposition aux chocs mondiaux tels que la volatilité des prix du marché ; 

13. Encourage en outre les États membres à mettre en place et à renforcer les filets de sécurité afin d'atténuer l'insécurité alimentaire, d'assurer la protection sociale, d'établir et de renforcer les mécanismes de subvention et de protéger les populations vulnérables contre la volatilité des prix des produits alimentaires et les chocs économiques ;

14. Réitère son appel aux États membres à promouvoir la diversification énergétique et les solutions en matière d'énergies renouvelables afin de réduire l'impact de la hausse des prix du pétrole sur les systèmes de production alimentaire ;

15. Souligne la nécessité de mettre en place des programmes d'alimentation scolaire basée sur la production locale, intégrant l'agriculture, la santé et l'éducation, et complétés par la fourniture d'aliments riches en nutriments (alimentation d'urgence) dans les zones touchées par des conflits ;

16. Souligne l'importance de relier les interventions d'urgence aux investissements dans la restauration des infrastructures agricoles endommagées par les conflits, telles que les silos à grains, les systèmes d'irrigation, les entrepôts, les barrages, entre autres ;

17. Souligne également l'importance d'une collaboration et d'une coopération renforcées et structurées entre l'UA, en particulier le Département de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable (ARBE), le CPS et les agences basées à Rome, notamment par le biais d'une planification conjointe, d'interventions harmonisées et de la mise en commun des ressources afin d'assurer un impact durable sur la promotion de systèmes de sécurité alimentaire résilients  et la transformation rurale sur le continent africain et, dans ce contexte, décide  d'institutionnaliser et de régulariser la réunion de concertation avec les agences basées à Rome en tant qu'événement biennal qui sera organisé tous les deux ans, alternativement à Addis-Abeba et à Rome ; propose de tenir la première réunion à Rome en octobre 2027, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation ; et

18. Décide de rester activement saisi de la question.

Posted by Situation Room ICU

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