Communiqué de la 1337ème réunion du CPS, tenue le 8 avril 2026, à une séance publique sur le thème : « Crimes haineux et lutte contre l'idéologie génocidaire en Afrique », ainsi qu'à la commémoration du 32e anniversaire du génocide contre les Tutsis au Rwanda Last Updated on Thursday 16 April 2026


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Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a consacré sa 1337e réunion, tenue le 8 avril 2026, à une séance publique sur le thème : « Crimes haineux et lutte contre l'idéologie génocidaire en Afrique », ainsi qu'à la commémoration du 32e anniversaire du génocide contre les Tutsis au Rwanda. 

Le Conseil a pris note de l'allocution d'ouverture de S.E. Ambassadeure Hirut Zemene Kassa, Représentante permanente de la République fédérale démocratique d'Éthiopie auprès de l'Union africaine (UA) et Présidente du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'UA pour le mois d'avril 2026 et de la déclaration liminaire de S.E. Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, lue en son nom par Mme Neema Chusi, Cheffe du Secrétariat du CPS.

Le Conseil a également pris note de la déclaration de S.E. le Général de Division (à la retraite) Charles Karamba, Représentant permanent de la République du Rwanda auprès de l'UA, ainsi que des déclarations des États membres de l'UA.

Le Conseil a rappelé la Décision de la Conférence [Assembly/AU/Dec.695] adoptée lors de la 31e Session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'UA, qui s'est tenue du 1er au 2 juillet 2018 à Nouakchott, en Mauritanie, et qui a institué le 7 avril de chaque année comme Journée de l'UA de commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda.

Le Conseil a également rappelé les alinéas h), j) et o) de l'Article 4 de l'Acte constitutif de l'UA ainsi que les Aspirations 4 et 5 de l'Agenda 2063, et a réaffirmé le respect et le caractère sacré de la vie humaine tels qu'ils sont consacrés dans l'Acte constitutif de l'UA, la Charte des Nations unies (ONU), la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.

Le Conseil a en outre rappelé l’ensemble de ses décisions et déclarations antérieures concernant la haine et la lutte contre l’idéologie génocidaire en Afrique, en particulier le communiqué PSC/PR/COMM. (DCLXXVIII) adopté lors de sa 678e réunion du 11 avril 2017, qui a décidé de tenir une session annuelle sur la prévention de l’idéologie de haine, du génocide et des crimes haineux en Afrique dans le cadre de la commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda ; les communiqués de presse [PSC/PR/COMM.1272 (2025)] adoptés lors de sa 1272e réunion tenue le 2 avril 2025 et [PSC/PR/BR.1206 (2024)] adoptés lors de sa 1206e réunion tenue le 4 avril 2024.

Le Conseil a commémoré le 32e anniversaire du génocide contre les Tutsis au Rwanda sous le thème « Se souvenir, s'unir, se renouveler », afin de rappeler l'importance de lutter contre les idéologies de haine et de protéger la dignité humaine sur l'ensemble du continent ; dans ce contexte, il a exprimé sa solidarité envers les personnes affectées par le génocide contre les Tutsis au Rwanda.

Le Conseil a rappelé la Décision Assemblée/UA/Déc.953(XXXIX), adoptée lors de la 39e Session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, en février 2026, qui reconnaît l'esclavage, la déportation et la colonisation comme des crimes contre l'humanité et un génocide à l'encontre des peuples d'Afrique.

Le Conseil s'est félicité des progrès accomplis concernant divers cadres réglementaires et institutionnels visant à garantir que les auteurs de ces crimes soient strictement tenus de rendre des comptes, afin de donner tout son sens au slogan « plus jamais ça » et d'interdire la négation du génocide.

Le Conseil a pris note de l'évolution de la situation dans certaines régions d'Afrique, notamment des informations faisant état de violations des droits de l'homme ; il a également reconnu l'impact de ces violations sur les personnes et les communautés affectées et a souligné l'importance de protéger les civils, de préserver les éléments pertinents de preuve et de soutenir les processus visant à garantir la redevabilité des auteurs.

Le Conseil a encouragé tous les États membres de l'UA qui ne l'ont pas encore fait à adopter une législation et à mettre en place des institutions nationales chargées de prévenir et de combattre efficacement l'idéologie de la haine, les crimes haineux et le génocide ; il a également encouragé les États membres de l'UA à signer, ratifier et transposer dans leur droit interne la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 ainsi que d'autres traités pertinents au niveau national et d’adopter une législation nationale érigeant en infraction pénale les discours haineux, la négation du génocide et l'incitation à la violence.

Le Conseil a reconnu le rôle crucial de l'éducation dans la lutte contre les discours de haine et la violence ; à cet égard, il a encouragé les États membres de l'UA à renforcer la prévention du génocide par le biais de l'éducation civique, en favorisant l'esprit critique, la connaissance de l'histoire et la sensibilisation aux droits de l'homme afin de lutter contre les préjugés, les discours haineux et l'intolérance ; et il a souligné la nécessité d'investir dans l'éducation des jeunes afin qu'ils deviennent les chantres de la tolérance et de la lutte contre les discours de haine, ainsi que pour promouvoir des discours positifs visant à contrer ceux qui divisent et à renforcer l'inclusion.

Le Conseil a appelé à un renforcement de la coopération entre les États membres de l'UA et avec les partenaires internationaux afin d'arrêter et de traduire en justice les auteurs de génocides et de crimes de haine.

Le Conseil a demandé à la Commission de l'UA de renforcer les mécanismes d'alerte précoce de l'UA afin de détecter les signes avant-coureurs de situations susceptibles de dégénérer en conflits violents et en génocide, dans le but de surveiller, d'évaluer et de réagir aux facteurs de risque concrets indiquant qu'une situation dégénère de tensions politiques vers des atrocités de masse.

Le Conseil a en outre appelé à la promotion de mécanismes continentaux visant à surveiller et à contrer les discours de négation, y compris sur les plateformes en ligne, ainsi qu'à prévenir la propagation des discours de haine ; il a également encouragé les États membres de l'UA à toujours promouvoir et adopter une politique fondée sur les intérêts et à rejeter fermement la politique identitaire qui, dans de nombreux cas, peut semer la division au sein des communautés et conduire à des conflits violents et au génocide.

Le Conseil a souligné la nécessité d'encourager les réseaux sociaux à participer activement à la sensibilisation, élément essentiel pour mettre un terme à la violence avant qu'elle ne s'aggrave ; à cet égard, il a appelé les réseaux sociaux à jouer un rôle positif dans la promotion de la tolérance, du dialogue et de la réconciliation.

Le Conseil a souligné la nécessité de renforcer les mesures visant à améliorer la collaboration entre les États membres de l'UA afin de lutter efficacement contre les menaces transfrontalières que représentent les réseaux prônant une idéologie génocidaire.

Le Conseil a apporté son soutien aux initiatives menées sur le terrain visant à favoriser un dialogue inclusif, la réconciliation et la résilience face aux idéologies de haine, ainsi qu'à promouvoir une culture de paix et de tolérance au sein des communautés.

Le Conseil a souligné la nécessité impérative de promouvoir les initiatives visant à faire connaître la vérité et les efforts de mémoire destinés à préserver l'exactitude historique et à prévenir les discours de négation.

Le Conseil a souligné la nécessité de créer, dans le respect des procédures en vigueur, un Centre continental de recherche sur les discours de haine et l'idéologie du génocide, dont le mandat consisterait à informer régulièrement les États membres de l'UA, les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR) ainsi que la Commission de l'UA, en vue d'apporter un soutien technique au renforcement des politiques nationales visant à prévenir et à combattre l'idéologie du génocide et les crimes liés aux discours haineux.

Le Conseil a demandé au Groupe des Sages de procéder à un examen de l'état d'avancement de la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport du Comité international de personnalités éminentes de l'OUA sur le génocide au Rwanda de 1994 et les événements qui l'ont précédé.

Le Conseil a instruit la Commission de l'UA de continuer à aider les États membres de l'UA à s'attaquer aux causes profondes de l'idéologie de la haine, à prévenir la violence et à renforcer la résilience au sein des communautés ; et de veiller à ce que  les normes et cadres politiques continentaux, tels que la Politique de l'UA en matière de justice transitionnelle et la Politique relative aux situations post-conflits, à la reconstruction et au développement (RDPC), soient pleinement mis à profit pour promouvoir la réconciliation nationale, la reconstruction et la responsabilisation sur le continent.

Le Conseil a salué les déclarations constructives et fondées sur des principes formulées par la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda sur la question de la lutte contre les crimes de haine et l'idéologie du génocide en Afrique ; et

Le Conseil a convenu de demeurer activement saisi de la question.

Posted by Situation Room ICU

Last updated by Abraham Kebede

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