Adopté par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) lors de sa 1233e réunion, tenue au niveau ministériel le 25 septembre 2024, sur les nouvelles menaces sécuritaires en Afrique et l'avenir du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine ;
Le Conseil de Paix et de Sécurité,
Réaffirmant son engagement en faveur de la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique et de l'avenir du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine, en particulier la Déclaration d'engagement en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique, adoptée à Addis- Abéba par les chefs d'État et de Gouvernement des membres du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine, PSC/AHG/ST.(X), le 25 mai 2004, lors du lancement du CPS, et réaffirmant notre engagement à réaliser les objectifs inscrits dans l'Acte constitutif de l'Union et le Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité, le noble objectif de faire taire les armes en Afrique à l’horizon 2030, et l'Aspiration 4 de l'Agenda 2063 de l'UA ;
Rappelant les dispositions pertinentes de l'Acte constitutif de l'Union africaine (UA) et du Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine, la Déclaration de Dar Es Salaam sur le 20e anniversaire du Conseil de Paix et de Sécurité adoptée le 25 mai 2024 ; et la Déclaration sur le dixième anniversaire du Conseil de Paix et de Sécurité adoptée le 25 juin 2014 ; et attachant une importance primordiale à la nécessité de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique, comme conditions préalables à l'accélération du développement socio-économique et de l'intégration du continent, ainsi qu'à l'avenir du Conseil de Paix et de Sécurité ;
Prenant note du discours d'ouverture de S.E. Lejeune Mbella Mbella, Ministre des Relations extérieures de la République du Cameroun et Président du Conseil de Paix et de Sécurité pour le mois de septembre 2024, et du discours d'ouverture de S.E. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l'Union africaine.
Agissant en vertu de l'Article 7 de son Protocole, le Conseil de Paix et de Sécurité :
1. Exprime sa profonde préoccupation quant au fait que l'Afrique continue de lutter contre une myriade de menaces, à la fois nouvelles, émergentes et omniprésentes, pour la paix, la sécurité et la stabilité, qui ont été spécifiquement identifiées comme comprenant : a) la croissance exponentielle du terrorisme, de l'extrémisme violent et de la criminalité transnationale organisée, en particulier la traite des êtres humains et la prolifération des armes, ainsi que l'insécurité maritime et la piraterie dans les cinq (5) régions du continent ; b) des tensions et des différends interétatiques sans précédent ; c) une concurrence géopolitique et idéologique renouvelée de type guerre froide ; d) le déficit de gouvernance ; e) la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement ; f) résistance des jeunes résultant de l'exclusion politique et du chômage structurel ; g) effets en cascade des crises économiques et des dettes extérieures insoutenables après la pandémie de Covid-19 ; h) crises humanitaires prolongées, déplacements forcés et militarisation de la violence sexuelle/sexiste ; i) concurrence acharnée pour les ressources naturelles et insécurité climatique en tant que multiplicateur de menaces ; et j) nouvelles technologies et cybersécurité ;
2. Prend note des réalisations du Conseil de Paix et de Sécurité depuis sa création en 2004 dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique, en étroite coopération et coordination avec les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR), le Conseil de sécurité des Nations unies, le Comité politique et de sécurité de l'Union européenne, la Ligue des États arabes et d'autres organisations internationales, ainsi que les organisations de la société civile et les groupes de réflexion ; prend note en outre du rôle du CPS dans la promotion des femmes et des jeunes, de la paix et de la sécurité, et de la protection des enfants dans les situations de conflit, dans le cadre de l'ordre du jour du CPS ;
3. Félicite les États membres de l'UA, les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR) pour les efforts soutenus qu'ils déploient en vue d'aider le Conseil de Paix et de Sécurité à relever les nouveaux défis en matière de paix et de sécurité sur le continent ; félicite également les États membres pour la signature intégrale du Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine par l'ensemble des États membres de l'UA et encourage ceux qui ne l'ont pas encore fait à le ratifier ;
4. Reconnaît les efforts inlassables déployés par la Commission de l'UA sous la direction de S.E. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l'UA, pour le rôle qu'il continue de jouer dans la recherche d'une paix durable en vue de faire taire les armes en Afrique dans la mise en œuvre de l'Architecture de Paix et de Sécurité de l'Union africaine (APSA) et de l'Architecture de Gouvernance de l'Union africaine (AGA) ; et souligne la nécessité de mettre en œuvre les décisions du CPS et appelle à un engagement politique et à des ressources plus importants pour soutenir le CPS et les piliers de l'APSA et de l'AGA aux fins d'assurer la mise en œuvre effective de la Force africaine en attente (FAA) et des architectures sur la gouvernance, la paix et la sécurité sur le Continent ;
5. Souligne la nécessité pour les États membres de s'attaquer aux causes profondes et structurelles des conflits sur le continent et, à cet égard, s'engage à s'attaquer aux questions de sécurité humaine, notamment en mettant en place des programmes d'autonomisation socio-économique visant à donner à la population, en particulier aux femmes et aux jeunes, les moyens de s'affranchir des politiques identitaires au profit des politiques d'intérêts publics, et à priver les éléments radicaux des communautés de s’adonner au recrutement ;
6. Se déclare profondément préoccupé par l'augmentation des tensions interétatiques et des conflits violents intra étatiques sur le continent, qui exacerbe les situations déjà fragiles sur le plan de la sécurité, de la politique, de l'économie et de l'aide humanitaire, affectant les civils, en particulier les enfants, les femmes, les jeunes et les personnes âgées ; à cet égard, demande à toutes les parties aux conflits de privilégier la voie d'un règlement pacifique de leurs différends, de cesser immédiatement et sans condition les hostilités afin d'alléger les souffrances des civils ;
7. Note avec inquiétude la reprise de la concurrence géopolitique et idéologique sur le continent, l'ingérence extérieure, la présence de militaires étrangers, l'augmentation des opérations des mercenaires et des sociétés militaires privées, ainsi que la concurrence pour les ressources ;
8. Souligne la nécessité pour les États membres et les CER/MR de renforcer les systèmes d'alerte précoce et les capacités de diplomatie préventive sur le Continent afin d'anticiper les menaces émergentes et de prévenir les conflits avant qu'ils ne dégénèrent ;
9. Demande à la Commission de l'UA d'alerter rapidement les États membres et les exhorte à réagir en temps utile pour éviter que les conflits ne dégénèrent ; dans ce contexte, condamne fermement le négationnisme, qui empêche de réagir rapidement pour prévenir les conflits ;
10. Souligne la nécessité d'intensifier les efforts de l'UA pour promouvoir la gouvernance démocratique, le constitutionnalisme et l'État de droit afin de stabiliser les régions affectées par des perturbations politiques et de prévenir de futures crises telles que la multiplication des changements anticonstitutionnels de gouvernement ; et souligne la nécessité pour les États membres de l'UA de promouvoir une gouvernance inclusive et élargie en Afrique ;
11. Appelle à l'intégration de la cybersécurité dans ses cadres de prévention des conflits et encourage les États membres à collaborer pour renforcer la résilience numérique, lutter contre la cybersécurité et atténuer les risques posés par la désinformation et les menaces numériques ;
12. Note avec inquiétude l'augmentation de la rébellion des jeunes due à divers facteurs, notamment le chômage, l'impact des crises de santé publique, l'augmentation du coût de la vie, l'alourdissement du fardeau de la dette et l'instabilité fiscale, les conflits liés au climat, et souligne la nécessité pour la Commission de l'UA de continuer à fournir un soutien et des capacités aux États membres afin d'intégrer les divers facteurs structurels de conflit dans les stratégies de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de résolution des conflits ;
13. Souligne la nécessité de redoubler d'efforts en matière de Reconstruction et de développement post-conflit en Afrique, notamment en promouvant l'emploi rémunéré pour les jeunes, en particulier dans les pays en transition politique et ceux qui sortent d'un conflit, et de favoriser la réconciliation pour consolider les dividendes de la paix et empêcher la reprise des conflits ; à cet égard, se félicite de la pleine opérationnalisation du Centre Post-conflit, Reconstruction et Développement de l'UA au Caire, en Égypte, et invite tous les États membres à en faire usage;
14. Invite les États membres et la communauté internationale à redoubler d'efforts pour faire face à la situation humanitaire de plus en plus grave sur le continent ; et demande à toutes les parties impliquées dans des conflits violents en Afrique de respecter strictement le Droit international humanitaire, le Droit international des droits de l'homme et tous les autres instruments internationaux relatifs à la protection des civils, de faciliter l'accès humanitaire aux populations dans le besoin et d'assurer la sécurité des travailleurs humanitaires et des organismes d'aide ;
15. Souligne la nécessité de renforcer la coopération, la coordination et la cohérence entre le CPS et les membres africains élus du Conseil de sécurité des Nations unies (A3) pour faire en sorte que les positions et les intérêts de l'Afrique soient défendus au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et d'autres plateformes mondiales, et félicite l’A3 pour son leadership avéré sur les questions relatives à la paix et à la sécurité en Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ;
16. Se félicite de l'adoption du Pacte pour l'avenir, qui comprend un Pacte mondial pour le numérique et une Déclaration sur les Générations futures, par les dirigeants mondiaux lors du Sommet de l’Avenir s’est tenu le 22 septembre 2024, en marge de la 79 e Session de l'Assemblée générale des Nations unies, dans le but d'écouter les jeunes et de les associer à la prise de décision aux niveaux national et mondial ; redoubler d'efforts pour construire et maintenir des sociétés pacifiques, inclusives et justes et s'attaquer aux causes profondes des conflits ; protéger tous les civils dans les conflits armés et accélérer la mise en œuvre de nos engagements sur les femmes, la paix et la sécurité, entre autres ; et exhorte tous les États membres à déployer tous les efforts nécessaires pour assurer sa pleine mise en œuvre pour « un avenir meilleur » ;
17. Se félicite de l'engagement pris en faveur de la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, reconnaissant qu'il est urgent de le rendre plus représentatif, plus inclusif et plus responsable ; et réaffirme en outre la Position africaine commune inscrite dans le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte, qui vise à remédier à la sous-représentation historique de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ;
18. Demande à la Commission de l'UA d'élaborer un document d'orientation sur les nouvelles menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité sur le continent et de le soumettre à l'examen du Conseil d'ici au mois de novembre ; et
19. Décide de demeurer activement saisi de la question.
Posted by Abraham Kebede
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Communiqué de la 1233ème réunion du Conseil de paix et de sécurité , tenue au niveau ministériel le 25 septembre 2024, sur les nouvelles menaces sécuritaires en Afrique et l'avenir du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine 