Communiqué de la 1251ème réunion du Conseil de paix et de sécurité tenue le 17 décembre 2024 sur le thème « Renforcement du Système continental d'alerte précoce de l'UA (CEWS) et de la mise en œuvre de l'action rapide : examen de l'Évaluation structurelle de la vulnérabilité et de la résilience pays (CSVRA) et de la Stratégie d'atténuation de la vulnérabilité structurelle pays (CSVMS) » Last Updated on Monday 03 February 2025


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Adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) à sa 1251e réunion tenue le 17 décembre 2024 sur le thème « Renforcement du Système continental d'alerte précoce de l'UA (CEWS) et de la mise en œuvre de l'action rapide : examen de l'Évaluation structurelle de la vulnérabilité et de la résilience pays (CSVRA) et de la Stratégie d'atténuation de la vulnérabilité structurelle pays (CSVMS) ».

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant toutes ses décisions et déclarations antérieures sur l'alerte précoce et les perspectives en matière de sécurité au niveau continental, la prévention structurelle des conflits en Afrique et les thèmes connexes, en particulier les communiqués [PSC/PR/COMM.1247(2024)] adopté à sa 1247e réunion tenue le 27 novembre 2024, [PSC/PR/COMM.1233.2 (2024)] adopté à sa 1233e réunion tenue le 25 septembre 2024 et [PSC/PR/COMM.1208 (2024)] adopté à sa 1208e réunion tenue le 16 avril 2024, ainsi que [PSC/MIN/COMM.1163 (2023)] adopté à sa 1163e réunion tenue le 21 juillet 2023 et [PSC/PR/COMM.2(DII)] adopté à sa 502e réunion tenue le 29 avril 2015 ;

Fidèle à l’esprit de toutes les dispositions du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, en particulier celles de l'article 12 portant mise en place du Système continental d'alerte précoce (CEWS) pour faciliter l'anticipation et la prévention des conflits en Afrique, et réitérant son engagement sans faille à soutenir le CEWS et l'Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) de façon générale en vue de la réalisation d'un continent en paix et stable, conformément à l'Agenda 2063 ;

Déterminé à assurer la mise en œuvre réussie de la Feuille de route principale de l'UA sur les mesures pratiques pour faire taire les armes à l'horizon 2030, en focalisant ses efforts sur le traitement des facteurs structurels de conflit en Afrique, conformément au Cadre continental de prévention structurelle des conflits (CSCPF);

Notant le discours d'ouverture de S.E. l'Ambassadeur Abdi Mahamoud Eybe, Représentant permanent de la République de Djibouti auprès de l'UA et Président du CPS pour le mois de décembre 2024, la communication de S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'UA aux affaires politiques, la paix et la sécurité, et la déclaration de S. E. l'Ambassadeur Inonge Mbikus, Président du Groupe d'éminentes personnalités du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs, au nom de S.E. l'Ambassadeur Marie-Antoinette Rose Quatre, Directrice générale du Secrétariat continental du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) ;

Réaffirmant l'engagement de l'UA à respecter la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de ses États membres et l'engagement de l'Union à soutenir les États membres dans leurs efforts de prévention des conflits conformément au CSCPF et à ses deux outils, l'Évaluation structurelle de la vulnérabilité et de la résilience pays (CSVRA) et la Stratégie d'atténuation de la vulnérabilité structurelle pays (CSVMS) ; et

Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité :

1. Salue la contribution significative du Système continental d'alerte précoce (CEWS) au renforcement de la capacité de l'Union africaine à anticiper, prévenir et répondre aux conflits sur le continent et souligne la nécessité d'un CEWS solide et pleinement opérationnel afin d'anticiper et de régler les conflits de manière efficace ;

2. Se félicite des efforts déployés par l'UA et ses États membres pour relever les défis du continent en matière de paix et de sécurité, note avec satisfaction la collaboration entre l'UA et les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR) ainsi que d'autres parties prenantes pour soutenir les efforts de prévention des conflits et souligne la nécessité de renforcer davantage ce partenariat afin d'assurer une plus grande synergie, un meilleur partage de l'information et la coordination des efforts en matière d'alerte précoce, de prévention des conflits et d'initiatives de réponse ;

3. Se déclare préoccupé par la culture du déni qui persiste au niveau de certains États membres de l'UA en ce qui concerne les rapports d'alerte précoce crédibles faisant état de crises imminentes ou de conflits potentiels ; à cet égard, souligne l'importance de remédier aux causes structurelles et immédiates des conflits en Afrique et réaffirme l'efficacité du CSCPF et du MAEP, par le biais des processus d'évaluation pays, en tant que cadres stratégiques d'alerte précoce permettant d'identifier et de traiter ces causes, en tant qu'outil de diagnostic permettant d'identifier les facteurs de changement et de développement socio-économique, contribuant ainsi à l'élimination des conflits violents et à la réalisation de l'initiative « Faire taire les armes » ;

4. Souligne la nécessité pour le CEWS d'être visible et de figurer en bonne place dans la nouvelle structure proposée du Département Affaires politiques, Paix et Sécurité, afin de continuer à aider les États membres à promouvoir l'alerte précoce et la prévention des conflits, conformément aux dispositions de l'article 12 du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité, en vue de la consolidation de la paix et de la stabilité sur le continent, encourage les États membres de l'UA et les CER/MR à réaffirmer leur engagement en faveur d'une approche collective dans le but de renforcer et de mettre pleinement en œuvre le CEWS, en le dotant des ressources techniques, humaines et financières nécessaires pour lui permettre de s'acquitter efficacement de son mandat en matière de prévention des conflits ;

5. Encourage les États membres à privilégier les initiatives de renforcement des capacités, y compris l'amélioration des systèmes nationaux d'alerte précoce pour assurer des réponses rapides et efficaces aux nouvelles menaces, et le renforcement des capacités des analystes aux niveaux national et régional, souligne la nécessité d'harmoniser les systèmes d'alerte précoce au niveau de l'UA et des CER/MR, et appelle à la tenue de réunions techniques régulières et à la mise en place de modalités claires pour promouvoir la coopération et la complémentarité ;

6. Encourage également les États membres à élaborer des plans nationaux spécifiques au contexte, alignés sur les plans nationaux et régionaux, visant à remédier aux facteurs structurels de conflit, souligne la nécessité de collaborer avec la société civile par l'intermédiaire du Réseau des centres de recherche et de réflexion pour la paix (NeTT4Peace) de l'Union africaine pour identifier les signes précoces et les menaces pour la paix et la stabilité afin d'assurer l'utilisation efficace de l'alerte précoce ;

7. Souligne la nécessité de renforcer le rôle de la Plateforme d'échange interrégional de connaissances (I-RECKE) de l'Union africaine en tant que plateforme intracontinentale de coordination et de collaboration entre la Commission de l'UA, les CER/MR et d'autres parties prenantes, y comris le Réseau des centres de recherche et de réflexion pour la paix (NeTT4Peace), en renforçant les échanges, la communication et les approches de programmation conjointes afin de soutenir les mandats de l'UA et des mécanismes régionaux en matière d'alerte précoce et de prévention des conflits ;

8. Félicite les quatre (4) États membres qui ont adhéré aux processus CSVRA/CSVMS, à savoir : la République du Ghana, la République de Côte d'Ivoire, la République de Zambie et la République du Malawi, pour les efforts déployés en vue d'identifier et de renforcer les facteurs de résilience, de pallier leur vulnérabilité structurelle aux conflits et d'élaborer des recommandations ciblées visant à atténuer les risques et à renforcer la stabilité ;

9. Félicite en outre la Commission de l'UA, en collaboration avec les CER/MR concernés et le MAEP, pour avoir apporté l'appui technique, financier et logistique nécessaire aux quatre (4) États membres dans l'organisation des consultations nationales, régionales, zonales et provinciales avec les parties prenantes concernées afin d'identifier les vulnérabilités, de renforcer la résilience et d'élaborer des stratégies d'atténuation des risques ;

10. Se déclare préoccupé par l'adhésion limitée des États membres aux outils du CSCPF - CSVRA et CSVMS, neuf (9) ans après adoption, salue les efforts de collaboration, y compris les partenariats avec les CER telles que le Marché commun de l'Afrique australe et de l'Est (COMESA), qui ont facilité les consultations multipartites et permis d'aligner les évaluations sur les priorités nationales, et note l'intérêt manifesté par d'autres pays pour se porter volontaires en vue de l'auto-évaluation, ainsi que les efforts de mise en œuvre qui sont en cours ;

11. Demande à la Commission, en partenariat avec le MAEP, de prendre les mesures nécessaires, suivant les règles et procédures de chaque organes et dans le respect de leurs mandats respectifs, pour mettre en place un cadre harmonisé pour la CSVRA et la CSVMS, notamment l’intégration de la CSVRA/CSVM dans le questionnaire du MAEP, afin d'améliorer la gouvernance en Afrique, en adoptant des approches coordonnées et multisectorielles visant à promouvoir le lien entre la paix, la sécurité et le développement sur le continent ; exhorter la Commission de l’UA de présenter le projet de cadre harmonisé au CPS pour aprobation ;

12. Insiste sur la nécessité de fournir un appui coordonné et global aux États membres et, à cet égard, approuve la proposition de la Commission de l'UA d'intégrer les indicateurs du Cadre continental de prévention structurelle des conflits dans la méthodologie du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) et des CER/MR afin d'assurer la complémentarité des efforts déployés ; a cet effet, demande à la Commission de l’UA de présenter au CPS un projet de rapport détaillé sur ces indicateurs pour endossement ;

13. Souligne la nécessité impérieuse d'un financement durable pour soutenir les initiatives en matière d'alerte précoce et appelle les États membres à envisager d'engager des ressources pour développer et renforcer les infrastructures nationales pour la paix (I4P), y compris les systèmes nationaux d'alerte précoce ;

14. Demande à la Commission de l'UA d'envisager rapidement les actions suivantes :

i. Entreprendre une révision complète du CEWS, de la CSVRA et de la CSVMS en vue de réorganiser les outils pour répondre efficacement aux menaces à la paix et à la sécurité et de proposer des interventions appropriées ;

ii. Mettre en place un mécanisme de coordination global, en collaboration avec les CER/MR et le MAEP, visant à optimiser l'utilisation des ressources, à renforcer les synergies et à intégrer efficacement les systèmes d'alerte précoce nationaux, régionaux et continentaux, et soumettre le mécanisme de coordination proposé pour examen d'ici juin 2025 ;

iii. Mettre en place et en œuvre des campagnes de sensibilisation et des actions concrètes pour vulgariser le CSCPF et les deux outils - CSVRA et CSVMS, ainsi que des programmes de renforcement des capacités, en travaillant en étroite collaboration avec le MAEP et les CER/MR pour s'assurer que les États membres sont sensibilisés aux avantages des outils. À cet égard, il convient en outre d'apporter un soutien sans faille aux États membres dans le cadre d'efforts concertés et de collaboration visant à résoudre les questions structurelles ;

iv. Mettre en place un mécanisme solide de suivi et d'évaluation pour la mise en œuvre d'un mécanisme d'alerte précoce à l'aide des outils existants ;

v. Créer une plateforme africaine de coopération sud-sud pour le partage des bonnes pratiques et des expériences concernant les systèmes d'alerte précoce et l'utilisation des technologies de pointe à cet égard ;

vi. Mobiliser un financement durable, notamment par l'intermédiaire du Fonds pour la paix, afin de soutenir les processus CSVRA/CSVMS, en garantissant des ressources adéquates pour aider les États membres à associer les parties prenantes et à mettre en œuvre de manière efficace les stratégies d'atténuation identifiées ;

vii. Soumettre au Conseil des rapports semestriels sur la mise en œuvre de la CSVRA et de la CSVMS, et faire régulièrement au CPS le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de ces décisions ;

15. Réitère sa demande à la Commission de l'UA d'élaborer un mécanisme de déclenchement et des indicateurs pour faciliter le rôle du Conseil dans la réponse aux informations d'alerte précoce sur les crises ou conflits potentiels et imminents ; et

16. Décide de demeurer activement saisi de la question.

Posted by Abraham Kebede

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