Communiqué de la 1368e réunion du CPS tenue le 2 septembre 2026 sous forme de séance publique, portant « Protection des enfants soldats en Afrique (résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité des Nations unies) ». Last Updated on Tuesday 08 September 2026


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COMMUNIQUÉ

Adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) à sa 1368e réunion tenue le 2 septembre 2026 sous forme de séance publique, portant « Protection des enfants soldats en Afrique (résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité des Nations unies) ».

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant la Décision [Assembly/UA/Dec. 718 (XXXII)] de la Conférence adoptée à la 32e  session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement en février 2019, qui, entre autres, a approuvé le renforcement des mécanismes de l’UA et des Communautés économiques régionales et des Mécanismes régionaux (CER/MR) pour la protection des enfants en situation de conflit, ainsi que la mise en place d’une architecture de protection de l’enfance en tant que sous-volet de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), ainsi que la Décision [Assembly/AU/Dec.753(XXXIII)] de la Conférence adoptée en février 2020, qui a encouragé l’Union, les États membres et les CER/MR à redoubler d’efforts pour intégrer la protection de l’enfance dans leurs programmes ;

Rappelant également ses décisions antérieures sur la prévention de d’enrôlement et de l’utilisation d’enfants dans les situations de conflit et sur la protection des enfants dans les situations de conflit, en particulier le Communiqué [PSC/PR/COMM.1262 (2025)] adopté à sa 1262e réunion tenue le 20 février 2025, le Communiqué [PSC/PR/COMM.1290.1 (2025)] adopté à sa 1290e à sa réunion tenue le 22 juillet 2025, et le Communiqué [PSC/MIN/COMM.2(DCLXI)] adopté à sa 661e réunion tenue le 23 février 2017, entre autres  ;

Se référant à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, en particulier son article 22, à la politique de l’UA sur l’intégration de la protection de l’enfance dans l’architecture africaine de paix et de sécurité, à la politique de l’UA sur la protection de l’enfance dans les opérations de soutien à la paix de l’Union africaine et à la politique révisée de l’UA en matière de reconstruction et de développement post-conflit ;

Reconnaissant que l’enrôlement et l’utilisation d’enfants par les forces armées et les groupes armés constituent à la fois une grave violation des droits de l’enfant et une préoccupation en matière de paix et de sécurité, toutes choses susceptibles de renforcer les acteurs armés, de prolonger les cycles de violence, d’affaiblir les systèmes de protection familiaux et communautaires, et de compromettre le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR), la réforme du secteur de la sécurité (RSS), le relèvement post-conflit et la paix durable ;

Conscient que les conflits prolongés et fragmentés, l’extrémisme violent et le terrorisme, les déplacements forcés, les attaques contre les écoles et leur utilisation à des fins militaires, la pauvreté, l’insécurité alimentaire, l’exclusion scolaire, la faiblesse des systèmes d’enregistrement des naissances et d’état civil, les réseaux de recrutement transfrontaliers et d’autres vulnérabilités structurelles et immédiates peuvent accroître l’exposition des enfants à l’enrôlement et au réenrôlement ;

Soulignant l’importance de s’appuyer dans des informations crédibles, vérifiées et de sources reconnues par l’UA, afin de s’assurer de l’adhésion des Etats membres concernés et de leur contribution au processus de protection des enfants dans les conflits armés ;

Prenant note de l’allocution d’ouverture de S.E. l’Ambassadeur Hervé Djokpe, Représentant permanent de la République du Bénin auprès de l’Union africaine et président du Conseil de paix et de sécurité pour le mois de septembre 2026, des déclarations liminaires de S.E. l’Ambassadeur Losi Nancy Nonceba, Représentante permanente de l’Afrique du Sud, au nom de S.E. l’Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l’Union africaine aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, et de S.E. l’mbassadrice Rebecca Amuge Otengo, représentante permanente de la République d’Ouganda auprès de l’Union africaine, en leur qualité de coprésidents de la Plateforme africaine sur les enfants touchés par les conflits armés (AP-CAAC), ainsi que des communications S.E. l’Ambassadeur Jainaba Jagne, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les enfants touchés par les conflits armés, et de l’honorable Robert Doya Nanima, membre du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (CAEDBE) et rapporteur spécial sur les enfants en situation de conflit ;

Prenant également note des déclarations de S.E. Mme Vanessa Frazier, sous-secrétaire générale des Nations Unies et Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, de S.E. Mme Laila Omar Gad, Représentante de l’UNICEF auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, de Mme Chantal Mutamuriza, responsable de Save the Children International Pan Africa Office, représentant Save the Children International Pan Africa Office en sa qualité de secrétariat de l’AP-CAAC ; et

Agissant en vertu de l’article 7 de son protocole, le Conseil de paix et de sécurité :

  1. Se félicite des progrès accomplis par les États membres, la Commission de l’UA, le CAEDBE, l’AP-CAAC et d’autres acteurs concernés dans la mise en œuvre des décisions antérieures du CPS sur la protection des enfants dans les situations de conflit ; prend note avec satisfaction de la matrice de mise en œuvre ; et encourage les parties concernées à redoubler d’efforts pour faire en sorte que les enfants soient protégés contre toute forme de violence ;

  1. Exprime sa profonde préoccupation quant à l’enrôlement et à l’utilisation persistants d’enfants, à quelque titre que ce soit, par les forces armées et les groupes armés, y compris les organisations terroristes, dans les situations de conflit à travers le continent, ainsi qu’à la persistance de conditions qui exposent les enfants à l’enrôlement, à l’exploitation et au ré-enrôlement ; appelle les États membres, avec le soutien de la Commission de l’UA, des CER/MR et des partenaires si nécessaire, à s’attaquer aux facteurs structurels et immédiats qui accroissent la vulnérabilité des enfants à l’enrôlement et au ré-enrôlement ; tout en soulignant que l’enrôlement et l’utilisation persistants d’enfants portent atteinte à leurs droits et à leur protection, alimentent les cycles de violence et réduisent les perspectives de la paix durable et du relèvement ;

  1. Condamne sans appel dans les termes les plus fermes l’enrôlement et l’utilisation d’enfants par toutes les parties au conflit, exige la cessation immédiate de ces pratiques ainsi que la libération inconditionnelle de tous les enfants associés aux forces armées et aux groupes armés ; et appelle toutes les parties au conflit armé à se conformer pleinement à leurs obligations au titre du droit international humanitaire et du droit international relatifs aux droits de l’homme applicables, ainsi qu’aux cadres juridiques et stratégiques pertinents de l’UA ;

  1. Réaffirme le principe de l’UA selon lequel « les enfants sont avant tout des victimes » et, à cet égard, souligne que les enfants associés, ou présumés associés, à des forces armées et à des groupes armés, y compris les groupes désignés comme organisations terroristes, doivent être considérés comme des enfants ayant besoin de protection, quelle que soit la nature du rôle qu’ils ont joué ou les circonstances de leur association ; et insiste sur le fait que, lorsque l’âge est incertain, la présomption d’innocence doit s’appliquer ;

  1. Appelle les États membres, en particulier ceux touchés par des conflits, à mettre en place ou à renforcer des procédures d’examen, d’évaluation de l’âge, d’orientation et de remise des enfants adaptées à leurs besoins, afin que tous les enfants associés, ou soupçonnés de l’avoir été, à des forces armées et à des groupes armés soient pris en charge ; et encourage les États membres qui ne l’ont pas encore fait à mettre en place des programmes d’amnistie complets qui aideront les enfants et les jeunes vulnérables à quitter les groupes armés et dissuaderont la poursuite des enrôlements ;

  1. Souligne l’importance de la prévention et de la réponse rapide et, à cet égard, invite la Commission de l’UA, les États membres et les CER/MR à intégrer les risques liés à la protection des enfants en matière d’enrôlement et d’utilisation dans les systèmes nationaux, régionaux et continentaux d’alerte précoce et de réponse rapide ; et, à cet égard, appelle au renforcement de la coopération régionale et du partage d’informations, y compris des bonnes pratiques, afin de prévenir l’enrôlement et l’exploitation des enfants par des groupes terroristes et armés, tout en investissant dans l’éducation, la résilience des communautés, le soutien psychosocial et d’autres mesures préventives visant à remédier aux conditions qui rendent les enfants vulnérables à l’enrôlement ;

  1. Souligne la nécessité d’intégrer la protection des enfants dans la médiation, les négociations de cessez-le-feu et les processus de paix dès les premières étapes ; et demande à la Commission de l’UA et à toutes les parties concernées de veiller à ce que les accords de paix interdisent expressément l’enrôlement et l’utilisation d’enfants, facilitent l’accès à l’aide humanitaire et à la protection de l’enfance, prévoient l’identification et la libération inconditionnelle des enfants associés à ces groupes, et comportent des dispositions spécifiques aux enfants en matière de réadaptation, de réintégration et de prévention du ré-enrôlement ;

  1. Encourage les États membres à renforcer les cadres juridiques et de responsabilité nationaux, à enquêter sur les auteurs présumés d’enrôlement et d’utilisation d’enfants et à les poursuivre en justice, conformément au droit applicable, ainsi qu’à garantir une responsabilité effective au niveau du commandement et des institutions ; et appelle à la mise en place de procédures sensibles aux enfants qui protègent les enfants victimes et témoins tout au long des procédures judiciaires ;

  1. Rappelle à la Commission de l’UA et aux pays contributeures de troupes et de police de mettre en place et de renforcer les points focaux chargés de la protection de l’enfance, et d’intégrer la Politique de l’UA sur la protection de l’enfance dans les opérations de soutien à la paix de l’UA dans la doctrine militaire et policière, les procédures opérationnelles normalisées, la formation préalable au déploiement et en cours de mission, les directives de commandement, le signalement des incidents, les procédures de transfert aux autorités civiles, la conduite et la discipline, ainsi que les mécanismes de conformité et de responsabilité ;

  1. Réaffirme la nécessité d’intégrer la protection de l’enfance dans les processus de DDR, de RSS et de reconstruction et de développement post-conflit, en assurant des procédures spécifiques aux enfants pour l’identification, la libération, la réadaptation et la réintégration, et en alignant les programmes nationaux sur la politique de l’UA relative à l’intégration de la protection de l’enfance dans l’APSA/AGA et sur la politique révisée de l’UA en matière de reconstruction et de développement post-conflit ;

  1. Charge la Commission de l’UA d’identifier des mesures spécifiques pour venir en aide aux filles associées aux forces armées et aux groupes armés, y compris les mères adolescentes et les survivantes de violences sexuelles, ainsi qu’aux enfants en situation de handicap et aux enfants utilisés pour des tâches de soutien ou d’autres rôles moins visibles, notamment par le soutien psychosocial, en s’attaquant à la stigmatisation, à la discrimination et aux autres obstacles susceptibles d’empêcher ces enfants d’être identifiés ou d’accéder à des services adaptés et à une réintégration au sein de la communauté ;

  1. Appelle les États membres concernés à protéger les écoles et les environnements d’apprentissage et faciliter la continuité et la réintégration scolaire des enfants touchés par les conflits ; encourage les États membres qui ne l’ont pas encore fait à adhérer à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles ;

  1. Encourage les États membres à allouer des ressources nationales suffisantes et durables aux programmes de prévention, de libération, de réadaptation et de réinsertion, et appelle les partenaires internationaux à soutenir les efforts de l’UA et de ses États membres, notamment en leur apportant un appui technique et financier ;

  1. Félicite les États membres qui ont ratifié et mettent en œuvre la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant ; encourage les États membres qui ne l’ont pas encore fait à ratifier et à transposer la Charte dans leur législation nationale, ainsi qu’à renforcer sa mise en œuvre effective en la traduisant en mesures nationales juridiques, politiques, institutionnelles et opérationnelles visant à prévenir l’enrôlement et l’utilisation d’enfants et à protéger les enfants concernés ;

  1. Charge la Commission de l’UA, en coordination avec le CAEDBE et les partenaires concernés, de renforcer le suivi régulier, l’analyse et la production de connaissances sur l’enrôlement et l’utilisation d’enfants, ainsi que la mise en œuvre des décisions du Conseil ; et réitère sa demande au CAEDBE de faire avancer l’étude approfondie et l’établissement du rapport annuel sur les enfants en situation de conflit et de les soumettre au Conseil pour examen ;

  1. Charge la Commission de l’UA de continuer à mettre à jour et à consolider la matrice de mise en œuvre du Communiqué [PSC/PR/COMM.1262 (2025)], en tenant compte du Communiqué [PSC/PR/COMM.1290.1 (2025)] et de la présente décision, qui servira de base aux rapports d’étape périodiques présentés au Conseil ;

  1. Se félicite des efforts déployés par l’Envoyée spéciale de l’UA pour les enfants touchés par les conflits armés afin de promouvoir le programme de l’UA en matière de protection des enfants dans les situations de conflit, notamment par le biais d’un dialogue politique avec les États membres concernés, et d’assurer le suivi de la mise en œuvre des décisions pertinentes du Conseil ;

  1. Salue le rôle de la Plateforme africaine sur les enfants touchés par les conflits armés dans la poursuite des actions de plaidoyer, de coordination et d’échange de connaissances ; et réaffirme l’importance du Processus de Banjul en tant que cadre continental pour l’examen de la mise en œuvre, l’apprentissage entre pairs et l’engagement politique de haut niveau en faveur des enfants touchés par les conflits armés ; et

  1. Décide de rester activement saisi de la question.

Posted by Situation Room ICU

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