CONCLUSIONS DU DOUZIÈME SÉMINAIRE ANNUEL DE HAUT NIVEAU SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE, PROCESSUS D'ORAN
I. INTRODUCTION
1. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) et les membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies (A3), en collaboration avec le Département des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de la Commission de l'UA (CUA) et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, ont organisé le 12e Séminaire annuel de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique : « Aider les nouveaux membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies (A3) à se préparer à traiter les questions de paix et de sécurité sur le Continent », les 1er et 2 décembre 2025 à Alger (Algérie). Le séminaire a été organisé dans le sillage de la 397eréunion du CPS tenue, le 23 septembre 2013, au niveau des chefs d'État et de gouvernement à New York et qui a examiné le partenariat entre l'UA et les Nations unies (ONU) dans le domaine de la paix et de la sécurité, et a décidé, entre autres, de la nécessité de « renforcer les consultations entre le Conseil de paix et de sécurité et les membres africains du Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de s'assurer que les décisions du CPS et celles de la Conférence de l'UA sont effectivement promues et défendues au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ».
2. S.E. Ahmed Attaf, ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines de la République algérienne démocratique et populaire, et coordinateur des membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies, a prononcé le discours de bienvenue. S.E. Tete Antonio, ministre des Relations extérieures de la République d'Angola, a également prononcé un discours en sa qualité de Président du Conseil exécutif de l'UA, tandis que S.E. Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l'UA, a prononcé le discours liminaire. S.E. Therese Helen Loken Gheziel, Ambassadeur du Royaume de Norvège en Algérie, a délivré un message de bonne volonté au nom des partenaires de l'UA. S.E. Kacou Houadja Léon Adom, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d'Ivoire et Président du Conseil de paix et de sécurité pour le mois de décembre 2025, a prononcé le discours d'ouverture, déclaré le séminaire de haut niveau ouvert et présidé les travaux.
II. PARTICIPANTS
3. Ont participé au séminaire les quinze (15) membres du CPS, à savoir l'Algérie, l'Angola, le Botswana, le Cameroun, la Côte d'Ivoire (présidence), la République démocratique du Congo, l'Égypte, la Guinée équatoriale, l'Eswatini, l'Éthiopie, la Gambie, le Nigeria, la Sierra Leone, la Tanzanie et l'Ouganda. Les membres suivants des A3 + actuels ont également pris part au séminaire de haut niveau, à savoir : Algérie, Sierra Leone, Somalie et Guyane. La République démocratique du Congo (RDC) et le Libéria y ont participé en qualité de membres entrants des A3.
4. Ont également pris part au séminaire les représentants des pays amis suivants : Congo, Ghana, Kenya, Maurice, Mozambique, Namibie, Rwanda, Afrique du Sud, Togo, Tunisie et Zimbabwe. Les représentants du Danemark et de la Norvège y ont participé en qualité de partenaires du séminaire de haut niveau, tandis que Bahreïn, la Colombie, la Lettonie et le Portugal y ont pris part en tant qu'invités. Des hauts fonctionnaires de la Commission de l'UA et des Nations Unies, ainsi que le Centre de l’UA pour la lutte contre le terrorisme (AUCTC) et le Comité des services de renseignement et de sécurité d'Afrique (CISSA) ont également participé au séminaire de haut niveau.
III. OBJECTIF PRINCIPAL
5. À l'instar des éditions précédentes, le 12e séminaire de haut niveau avait également pour objectif de contribuer à renforcer davantage la capacité des A3+ à promouvoir et à défendre plus efficacement les positions africaines communes sur les questions de paix et de sécurité au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu'à renforcer davantage la coordination entre le CPS de l'UA et les A3+ afin de promouvoir la cohérence entre les deux entités.
6. Les participants ont saisi cette occasion pour faire l'état des lieux du travail accompli et des progrès réalisés par les A3+, ainsi que des défis rencontrés, des enseignements tirés et des bonnes pratiques en matière d'amplification de la voix africaine, de défense efficace des intérêts africains et de prise en compte des positions africaines communes dans le processus décisionnel et les documents finaux du Conseil de sécurité des Nations Unies.
7. Les participants ont rappelé la responsabilité principale du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, conformément aux dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies, de l'Acte constitutif de l'UA et du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine.
8. Le Manuel sur les modalités de renforcement de la coordination entre le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine et les membres africains du Conseil de sécurité des Nations Unies a été lancé lors du 12e séminaire de haut niveau.
IV. PRINCIPAUX POINTS INSCRITS À L’ORDRE DU JOUR
9. L'ordre du jour du séminaire de haut niveau (Processus d’Oran) s'articulait autour des quatre séances thématiques principales suivantes :
a) Paysage global de la paix et de la sécurité en Afrique : dynamique actuelle ;
b) Action concertée de l'UA et de l'ONU en matière de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent ;
c) État des lieux des activités des A3+ : enseignements tirés et perspectives ; et
d) CPS de l'UA et A3+ : une voix plus forte pour la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Première séance : Paysage global de la paix et de la sécurité en Afrique : dynamique actuelle
10. Les participants ont pris note de la communication de S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, ainsi que des perspectives des panélistes, à savoir : S.E. Tete Antonio, Ministre des relations extérieures de la République d'Angola, S.E. Mme Selma Ndeapo Ashipala, ministre des Relations internationales de la Namibie, S.E. M. Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l'étranger, S.E. Dr Mohammed Ibn Chambas, Haut Représentant de l'UA pour l'initiative « Faire taire les armes », et S.E. Jean-Pierre François Renaud Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations Unies.
11. Au cours des débats qui ont suivi, les participants ont pris note de la dynamique géopolitique actuelle, de l'affaiblissement du système multilatéral et des conflits en dehors du continent africain, qui ont un impact négatif sur l'Afrique, mettant en évidence la nécessité de renforcer l'Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), ainsi que les initiatives menées par l'UA pour promouvoir efficacement la paix, la sécurité et la stabilité durables en Afrique. Ils ont relevé que la paix et la sécurité mondiales sont au plus bas et ont noté la lassitude croissante des donateurs, le changement des priorités financières des partenaires traditionnels, ainsi que la prolifération des armes illicites et des combattants étrangers. Ils ont souligné l'importance de :
a) Promouvoir une gouvernance inclusive et démocratique, renforcer les institutions étatiques, ainsi que consolider et préserver le constitutionnalisme ;
b) Raviver l'unité, la solidarité et la voix commune africaines, et assurer des approches et des actions coordonnées et collectives en matière de sécurité afin de prévenir et de relever les nombreux défis auxquels le continent africain est confronté ;
c) Renforcer la coopération entre l'UA et les Nations Unies, notamment en améliorant la collaboration entre le CPS et les A3+ afin de faciliter et de consolider le travail et les actions des A3+ dans la promotion des positions et des intérêts africains aux Nations Unies ;
d) Poursuivre l'appel à la démocratisation du système multilatéral mondial, en particulier du Conseil de sécurité des Nations Unies, afin d'assurer deux sièges permanents avec toutes leurs prérogatives et deux sièges supplémentaires rotatifs pour l'Afrique, conformément au Consensus d'Ezulwini et à la Déclaration de Syrte ;
e) Explorer d'autres sources de financement des efforts de paix et de sécurité menés par l'UA, notamment en collaborant avec des partenaires non traditionnels et le secteur privé africain ; et intensifier le plaidoyer commun de l'UA et de l'ONU en faveur d'un financement prévisible, adéquat et durable des efforts de paix de l'UA, y compris la mise en œuvre et l'application de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations unies ;
f) Renforcer davantage le multilatéralisme et prévenir sa fragmentation et son effondrement potentiel ;
g) Intégrer le lien entre la paix, la sécurité et le développement ;
h) Réaffirmer l'importance de la mise en œuvre pleine et effective de la zone de libre-échange continentale africaine comme l'un des moyens d'éradiquer la pauvreté et de remédier à certaines des causes structurelles profondes et des facteurs de conflit.
i) Réaffirmer l'engagement collectif en faveur de la mise en œuvre effective de l'Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » et de l'Agenda « Jeunesse, Paix et Sécurité » ;
j) S'inspirer des enseignements tirés de la coordination renforcée et soutenue entre l'UA et les Nations Unies, comme l'illustre l'expérience en République centrafricaine ;
k) Réaliser une étude sur le lien entre les organisations criminelles et les changements anticonstitutionnels de gouvernement sur le continent ;
l) Réitérer l'appel à la Commission de l'UA afin qu'elle élabore une définition universellement applicable de ce qui constitue un « changement anticonstitutionnel de gouvernement » et un « soulèvement populaire » et qu'elle la soumette au Conseil pour examen dès que possible ;
m) Se pencher sur le lien entre la gestion des ressources naturelles et la gouvernance, notamment en trouvant des solutions durables à l'exploitation illégale des ressources naturelles par des groupes armés et terroristes, et en promouvant la valorisation et la distribution équitables des ressources naturelles afin de répondre aux griefs de longue date liés à l'exploitation des ressources.
Deuxième séance : S'agissant de l'action concertée de l'UA et de l'ONU en matière de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent
12. Les participants ont pris note de la communication de M. Idris Lalal Lahkder, Directeur par intérim du Centre de l'UA pour la lutte contre le terrorisme. Ils ont également pris note des perspectives des membres du panel, à savoir : S.E. Dr Phenyo Butale, ministre des Relations internationales de la République du Botswana, S.E. Frances Piagie Alghali, vice-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République de Sierra Leone, S.E. l'Ambassadeur Abu Bakr Hefny, vice-ministre des Affaires étrangères de la République arabe d'Égypte, et M. Jackson Victor Hamata, Secrétaire exécutif du Comité des services de renseignement et de sécurité d'Afrique (CISSA).
13. Les participants ont reconnu la menace croissante que représente le phénomène du terrorisme sur tout le continent. Ils ont noté avec une profonde préoccupation la capacité croissante des organisations terroristes à intégrer l'utilisation de technologies modernes sophistiquées telles que les drones et l'intelligence artificielle dans leurs activités. Au cours des débats, les participants ont souligné l'importance de :
a) Renforcer la collaboration et la coordination des efforts, ainsi que l'harmonisation et le réalignement des cadres et mécanismes de l'UA et des Nations Unies en matière de lutte contre le fléau du terrorisme afin d'assurer une synergie et une efficacité accrues ;
b) Inviter la Commission de l'UA à accélérer l'élaboration d'un nouveau Plan d'action stratégique continental de l'UA sur la lutte contre le terrorisme et, à l'issue d'un processus de validation, à le soumettre au Conseil exécutif pour adoption, au plus tard en février 2026, conformément à la procédure en vigueur ;
c) Encourager les États membres à établir des synergies pour la détection précoce, la prévention et la réponse rapide contre le terrorisme, ainsi qu'à l'élaboration d'approches globales, intégrées et pansociétales, notamment par la mise en place de programmes socio-économiques délibérés visant à autonomiser économiquement la population, en particulier les femmes et les jeunes, afin de gagner leurs cœurs et leurs esprits et de les réorienter de la politique identitaire vers la politique des intérêts ;
d) Encourager les États membres et les CER/RM touchés par le terrorisme à renforcer davantage les approches de sécurité collective, notamment par le partage de renseignements et d'informations, ainsi que par des exercices réguliers de formation conjointe de renforcement des capacités et des opérations conjointes ;
e) Accélérer la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo adoptée par la16e session extraordinaire de la Conférence de l'UA tenue le 28 mai 2022 et la Déclaration d'Abuja d'avril 2024, en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre opérationnelle du Comité ministériel de lutte contre le terrorisme ;
f) Reconnaître les efforts inestimables déployés par le Champion de l'UA pour la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, Son Excellence M. Abdelmadjid Tebboune, Président de la République algérienne démocratique et populaire, pour faire avancer le programme de l'UA en matière de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, et appeler à accélérer la mise en œuvre de ses propositions concrètes dans ce sens ;
g) Renforcer l'efficacité des plateformes régionales de coopération en matière de renseignement, telles que les processus de Djibouti et de Nouakchott, et d'autres mécanismes complémentaires, et reproduire ces processus dans toutes les régions du continent touchées par le terrorisme ;
h) Trouver un équilibre entre les stratégies cinétiques et non cinétiques qui s'attaquent de manière plus positive aux causes structurelles profondes, aux vecteurs, aux catalyseurs et aux facteurs qui alimentent le terrorisme et l'extrémisme violent ;
i) Encourager les États membres à intensifier leurs efforts visant à mobiliser des financements prévisibles, adéquats et durables ainsi que d'autres ressources essentielles au profit des institutions nationales de défense et de sécurité afin d'assurer leur solidité et de leur permettre de garantir la sécurité humaine ;
j) Faire en sorte que les gouvernements répondent aux griefs légitimes de la population et à la nécessité de s'attaquer aux causes structurelles profondes, aux vecteurs et aux facteurs qui alimentent le terrorisme et l'extrémisme violent, en utilisant des approches globales, intégrées, inclusives, pangouvernementales et pansociétales, qui favorisent l'autonomisation socio-économique des femmes et des jeunes ;
k) Promouvoir une gouvernance inclusive et démocratique qui intègre la participation effective et significative des femmes et des jeunes ;
l) Intégrer dans tous les efforts de lutte contre le terrorisme, le lien entre les groupes terroristes, les groupes armés et l'exploitation illégale des ressources naturelles et le trafic de drogue ;
m) Renforcer davantage les institutions étatiques et assurer une présence effective de l'État sur l'ensemble du territoire des États membres, afin d'éviter la création d'espaces non gouvernés qui peuvent être facilement exploités par des groupes terroristes ;
n) Inviter la Commission de l'UA à établir rapidement une liste de surveillance des organisations et des individus terroristes, y compris les combattants terroristes étrangers opérant sur le continent, qui sera soumise au Sous-comité du CPS sur la lutte contre le terrorisme, puis au Conseil CPS pour examen ;
o) Intensifier la mobilisation de financements prévisibles, durables et adéquats en faveur des efforts de lutte contre le terrorisme, y compris la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations unies ; et, à cet égard, accélérer la mise en œuvre opérationnelle du Fonds spécial de l'UA pour la lutte contre le terrorisme, ainsi que celle du système de mandat d'arrêt africain, afin de promouvoir une coopération efficace entre les États membres, avec le soutien actif de la Force africaine en attente ;
p) Encourager les États membres à mettre en place des mécanismes, y compris au niveau régional, pour lutter contre les sources de financement du terrorisme afin d'endiguer les activités des groupes terroristes ;
q) Inviter les partenaires internationaux à prendre les mesures appropriées pour faire en sorte que leurs territoires respectifs ne soient pas utilisés par des terroristes pour préparer, financer ou organiser des actes terroristes visant d'autres États ou leurs citoyens ;
r) Faire en sorte que les actions d'imposition de la paix de l'UA, guidées par la doctrine de l'Union africaine sur les opérations de soutien à la paix et soutenues de manière adéquate par les États membres, et la nécessité de créer rapidement une unité de lutte contre le terrorisme au sein de la Force africaine en attente (FAA), conformément aux décisions pertinentes de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'UA, et dans le cadre des efforts en cours pour la reconfiguration de la FAA, afin de s'assurer qu'elle est adaptée à son objectif et de permettre sa pleine utilisation par le CPS, en collaboration avec les CER/MR, pour prévenir et répondre efficacement aux tendances et trajectoires des conflits et du terrorisme ;
s) Mettre en place et renforcer davantage des plateformes inclusives pour promouvoir un véritable dialogue interconfessionnel et intercommunautaire, ainsi que l'efficacité des approches communautaires, en gardant à l'esprit le rôle essentiel des communautés locales, en particulier des chefs traditionnels et des chefs de diverses obédiences religieuses ;
t) Encourager les États membres à améliorer/renforcer continuellement les capacités institutionnelles de leurs forces de défense et de sécurité nationales, notamment en leur inculquant les idéologies correctes du non-sectarisme, du panafricanisme et du nationalisme, afin de garantir leur résilience et leur capacité à défendre plus efficacement leur unité nationale et leur intégrité territoriale, ainsi que la sécurité humaine de leurs populations ;
u) Encourager les États membres à accroître leurs investissements dans la lutte contre les discours dangereux qui contribuent à faciliter la radicalisation et l'enrôlement des jeunes par les organisations terroristes ;
v) Créer des plateformes pour partager les expériences, les enseignements tirés et les bonnes pratiques en matière de lutte contre le terrorisme. Par exemple, à partir des expériences de l'Algérie et de l'Égypte.
V. PARTIE À HUIS CLOS
Troisième séance : État des lieux des activités des A3+ : enseignements tirés et perspectives
14. Les participants ont pris note des communications de S.E. l'Ambassadeur Selma Bakhta Mansouri, Secrétaire d'État auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargée des affaires africaines de la République algérienne démocratique et populaire, en sa qualité de Coordinatrice des A3+, et de S.E. l'Ambassadeur Carolyn Rodrigues-Birkett, Représentante permanente de la République coopérative du Guyana auprès des Nations Unies. Au cours des débats qui ont suivi, les participants ont :
a) Reconnu la contribution significative du Processus d’Oran au renforcement et à l'amélioration des capacités des A3+ à s'acquitter plus efficacement de leur mandat continental au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris les acquis importants obtenus par les A3+ depuis le lancement du 1er séminaire de haut niveau en 2013, à Alger (Algérie).
b) Félicité la République algérienne démocratique et populaire, la République de Sierra Leone et la République coopérative du Guyana, en tant que membres sortants des A3+, pour leur contribution exemplaire et significative à l'amplification de la voix de l'Afrique dans le processus décisionnel du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que pour avoir consolidé le rôle des A3+ dans la contribution et l'élaboration des documents finaux du Conseil, notamment pour les échanges réguliers avec le Secrétaire général des Nations Unies, les membres permanents du Conseil et pour leur travail dans le cadre des membres E10 en vue de promouvoir un Conseil plus équitable ;
c) Félicité la République démocratique du Congo et la République du Libéria pour leur élection en qualité de nouveaux membres de la famille A3+ et les a encouragés à maintenir la dynamique existante afin de renforcer davantage l'unité et la cohésion des A3+, en vue d'amplifier et de consolider la voix permanente et résiliente de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.
d) Également félicité la Mission d'observation permanente de l'UA auprès des Nations Unies à New York, en sa qualité de Secrétariat des A3+, pour son soutien continu au groupe en facilitant la coordination politique et stratégique avec le CPS, la Commission de l'UA et le Groupe africain à New York, ainsi que pour la facilitation des échanges avec les principales parties prenantes et les activités du mécanisme. Ils ont pris note des défis auxquels la Mission d'observation permanente de l'UA est confrontée en matière de capacités et ont réitéré l'avis du Président de la Commission de l'UA selon lequel le renforcement de la mission est une nécessité pour aider les A3+ à promouvoir les positions et les intérêts de l'Afrique à l'ONU. Les participants ont félicité tous les États membres qui ont détaché du personnel auprès de la Mission et ont encouragé les autres États membres à faire de même ;
e) Souligné l'article 3 (d) de l'Acte constitutif de l'UA, qui stipule que les objectifs de l'Union sont de promouvoir et de défendre les positions africaines communes sur les questions d'intérêt pour le continent et ses peuples ;
f) Également souligné la décision Assembly Dec.598 de janvier 2016 qui, entre autres, réaffirme que les A3 ont la responsabilité particulière de veiller à ce que les décisions du CPS soient bien prises en compte dans le processus décisionnel du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les questions de paix et de sécurité concernant l'Afrique ;
g) Souligné avec force la nécessité pour les A3+, conformément aux décisions précédentes de la Conférence et du CPS, de préserver, respecter, protéger et promouvoir dans leur intégralité les décisions du CPS de l'UA sur les questions relatives à la paix et à la sécurité sur le continent africain examinées par le Conseil de sécurité des Nations Unies ;
h) Appelé à un partage systématique de l'information, notamment par la synchronisation des réunions du CPS et du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les questions relatives à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Afrique, qui relèvent du mandat conjoint des deux Conseils, afin d'assurer une orientation appropriée des A3+ avant les sessions du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
i) Exhorté vivement les A3+ à rationaliser et à faire valoir les priorités africaines et les positions africaines communes dans le traitement des questions relatives à la paix et à la sécurité en Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
j) Encouragé les A3+ à continuer de jouer un rôle de premier plan dans les dossiers africains et à assumer efficacement le rôle de rédacteur ou de corédacteur en ce qui concerne les dossiers africains inscrits à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies et relevant de la compétence conjointe des deux Conseils ;
k) Exhorté le CPS et les A3+ à régulariser et à institutionnaliser leurs échanges au niveau des représentants permanents, des coordonnateurs politiques et des experts sur les questions africaines relevant du mandat conjoint des deux Conseils, et à veiller à ce que chaque coordonnateur des A3+ sollicite une audience avec le CPS pendant sa période de coordination ;
l) Réitéré sa demande de création d'une plateforme de coordination interactive et opportune entre le Comité d'experts (CE) du CPS et les PC/experts des A3+ ;
m) Également exhorté à faire en sorte que les réunions de coordination entre le Président du CPS et le Président du Conseil de sécurité des Nations Unies se tiennent avant la finalisation du programme de travail mensuel de chaque Conseil, afin de permettre l'harmonisation et la coordination des actions ;
n) Demandé aux A3+ de tenir des réunions de coordination de haut niveau en marge des sessions de la Conférence de l'UA, de l'Assemblée générale des Nations Unies et des réunions consultatives conjointes annuelles entre le CPS et le Conseil de sécurité des Nations Unies ;
o) Souligné la nécessité d'inviter, chaque fois que nécessaire, les représentants des A3+ aux réunions du CPS sur les situations de crise et de conflit, ainsi que sur les questions thématiques pertinentes liées à la paix et à la sécurité en Afrique inscrites à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
p) Salué les efforts déployés par la Mission d'observation permanente de l'UA pour la réalisation d'un documentaire sur les A3+ intitulé « L'Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies », retraçant la création et l'évolution des A3+, illustrant la façon dont l'engagement de l'Afrique au sein du Conseil s'est renforcé et est devenu plus cohérent, ainsi que d'autres efforts visant à améliorer la mémoire institutionnelle des A3+ dans le référentiel PAPS, en recueillant, organisant et conservant des documents internes et d’accès libre, y compris les bonnes pratiques et les enseignements tirés de plus de 12 ans d'activité des A3+, dans le cadre des efforts de renforcement des capacités et afin d'assurer la continuité d'une version des A3+ à l'autre ;
q) Exhorté les A3+ à intensifier leur diplomatie publique commune par le biais de points de presse communs, de réunions conjointes selon la formule Arria et de dialogues informels interactifs communs, ainsi que par un soutien mutuel continu pendant les présidences et le mandat des membres des comités des A3+ ;
r) Demandé que l'ordre du jour du processus d'Oran inclue des réflexions sur les questions cruciales qui seront bientôt abordées par le Conseil de sécurité des Nations Unies ;
s) Décidé de décerner des certificats d'honneur à tous les membres sortants des A3+ qui se sont distingués pendant leur mandat ;
t) Réitéré les appels en faveur du renforcement de la solidarité entre l'Afrique et les Caraïbes et de la continuité du mécanisme des A3+ avec tous les membres caribéens successifs du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
u) Demandé l'inclusion des A3+, au niveau des ambassadeurs, dans les retraites annuelles du CPS sur l'examen de ses méthodes de travail, avec une séance spéciale sur l'approfondissement de la synergie et de la coordination entre les A3+ et le CPS, ainsi qu'aux efforts conjoints ; et
v) Appelé à l’accélération de la mise en œuvre du Manuel sur les modalités de renforcement de la coordination entre le CPS et les A3+
Quatrième 4 : Concernant le CPS de l'UA et A3+ : une voix plus forte pour la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies
15. Les participants ont pris note des communications de S.E. l'Ambassadeur Mohamed Fathi Ahmed Idrees, Observateur permanent de l'UA auprès des Nations Unies à New York, et de S.E. M. Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef du Bureau des Nations Unies auprès de l'Union africaine (BNUUA).
16. Au cours des débats, les participants ont salué les efforts de plaidoyer déployés par le C-10 sous la direction remarquable de la République de Sierra Leone pour faire avancer la position africaine commune sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies et ont souligné :
a) L'importance d'une coordination prévisible entre le CPS de l'UA, les A3+ et le C-10, ce qui nécessite des échanges réguliers sur le processus de réforme ; l'intégration des termes et des priorités de la position africaine commune dans les déclarations et initiatives des A3+ et la possibilité pour les A3+ de consolider la voix permanente de l'Afrique au Conseil tout en poursuivant leurs efforts pour obtenir des sièges permanents avec toutes leurs prérogatives, ainsi que deux sièges supplémentaires rotatifs ;
b) La nécessité pour les A3+ de continuer à travailler en étroite collaboration avec le groupe E-10 élargi et d'autres groupes partageant les mêmes idées, ainsi que de tirer parti de la dynamique créée par la déclaration commune historique du groupe E-10 sur les méthodes de travail du Conseil, qui constitue un exemple éloquent de la manière dont les membres élus peuvent collectivement promouvoir les principes de réforme au sein même du Conseil ;
17. En outre, ils ont souligné la nécessité pour le CPS de l'UA et les A3+ de continuer à consolider l'action de l'Afrique, en collaboration avec le C-10 sous la direction de la Sierra Leone, ce qui requiert les mesures suivantes :
a) Renforcer la cohésion interne entre les États membres de l'UA afin de faire en sorte que l'Afrique s'exprime d'une seule voix sur tous les processus liés à la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
b) Renforcer la coordination stratégique, notamment entre le CPS de l'UA et les A3+, partager les messages et renforcer les efforts et les liens entre Addis-Abeba et New York.
c) Renforcer les partenariats interrégionaux, en s'appuyant sur la dynamique de soutien mondial en faveur d'une représentation équitable et d'une réforme significative.
d) Maintenir le leadership politique et veiller à ce que les chefs d'État et de gouvernement africains placent la réforme du Conseil de sécurité au centre de l'agenda diplomatique mondial de l'Afrique.
VI. CONCLUSION
18. Les participants ont exprimé leur gratitude au Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire pour la généreuse hospitalité et les excellentes facilités qui ont permis l'organisation réussie du 12e Séminaire de haut niveau. Ils ont également exprimé leur gratitude à l'UNITAR, au Danemark et à la Norvège pour leur soutien continu à l'organisation réussie du Séminaire de haut niveau.
19. Les participants ont déclaré attendre avec intérêt l'organisation réussie du 13e Séminaire de haut niveau à Oran (Algérie) en décembre 2026.
Posted by Situation Room ICU
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Conclusions du Douzième Séminaire Annuel de Haut Niveau sur la Paix et la Sécurité en Afrique, Processus D'oran, 1 - 2 Décembre 2025 Alger (Algérie)