Déclaration De Mme Amina Bello Ambassadrice Africaine de La Jeunesse Pour La Paix de L'Union africaine - Région Afrique Centrale : Troisième Forum de Réflexion de L'Union africaine Sur les Changements Anticonstitutionnels de Gouvernement en Afrique (Accra III) - L'inclusion des Jeunes au Service de la Stabilité de L'Afrique Last Updated on Friday 03 July 2026


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TROISIÈME FORUM DE RÉFLEXION DE L'UNION AFRICAINE

SUR LES CHANGEMENTS ANTICONSTITUTIONNELS DE GOUVERNEMENT EN AFRIQUE (ACCRA III)

L'INCLUSION DES JEUNES AU SERVICE DE LA STABILITÉ DE L'AFRIQUE

 

Déclaration de Mme Amina Bello

Ambassadrice Africaine de la Jeunesse pour la Paix de l'Union africaine

Région Afrique Centrale 

  • Excellence Mr John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana,
  • Excellence Mr l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'Union africaine aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité,
  • Excellence Mme l'Ambassadrice Rebecca Amuge Otengo, Représentante permanente de l'Ouganda et Présidente du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine pour le mois de juillet 2026,
  • Excellences, Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de Paix et de Sécurité,
  • Distingués collègues Jeunes Ambassadeurs Africains pour la Paix,
  • Mesdames et Messieurs les experts, représentants de la société civile et partenaires,
  • Distingués délégués,
  • Mesdames et Messieurs,

C'est pour moi un immense honneur de prendre la parole aujourd'hui, non seulement en tant qu'Ambassadrice de la Jeunesse pour la Paix de l'UA pour l'Afrique centrale, mais surtout en tant que jeune femme africaine portant la voix de millions de jeunes du continent, dont les aspirations, les préoccupations et les espoirs doivent façonner l'avenir de l'Afrique.

L’Afrique est aujourd'hui à un tournant décisif de son histoire.

Elle est le continent le plus jeune au monde. Plus de 60 % de sa population a moins de 35 ans. Pourtant, un grand nombre de jeunes continuent d'être confrontés au chômage, à l'exclusion des processus politiques, à l'insécurité, à la réduction des espaces civiques et à des opportunités limitées pour influencer les décisions qui affectent leur avenir.

Une question mérite aujourd’hui d’être posée avec lucidité.

Si la démocratie doit demeurer l’expression de la volonté des peuples, comment pouvons-nous collectivement renforcer la confiance et la foi que les jeunes Africains placent dans les institutions démocratiques ?

Cependant, nous devons reconnaître une réalité parfois difficile à admettre : lorsque certains jeunes semblent soutenir ces changements, ce n'est pas nécessairement parce qu'ils rejettent la démocratie elle-même. C'est souvent l'expression d'une profonde frustration face à des systèmes qui n'ont pas toujours su répondre aux attentes en matière de justice sociale, d'inclusion, de redevabilité et d'opportunités économiques.

Les jeunes Africains ne réclament pas un pouvoir militaire.

Les jeunes Africains réclament une gouvernance efficace, inclusive et responsable.

Ils réclament la dignité.

Ils réclament la participation.

Ils réclament des opportunités.

Ils réclament un avenir.

 

Excellences,

De son côté, l'Union africaine a constamment affirmé, à travers la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et l'Agenda 2063, que l'ordre constitutionnel, la gouvernance responsable et la participation inclusive sont des fondements indispensables à une paix durable.

Le Cadre continental de l'UA sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité reconnaît en outre que les jeunes ne sont pas de simples bénéficiaires de la paix, mais des partenaires indispensables dans la prévention des conflits, la gouvernance, la médiation, la consolidation de la paix et le renouveau démocratique.

C'est pourquoi la place centrale accordée aux jeunes dans ce Troisième Forum n'est pas anodine. Elle constitue un appel concret, un signal fort que l'Union africaine et ses partenaires reconnaissent que la lutte contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement ne peut se gagner sans nous.

Ce Forum doit marquer un tournant. Il est temps que les jeunes passent du rôle d'invités et d'observateurs à celui d'architectes à part entière de la lutte contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique.

Les jeunes ont répondu présents. Nous sommes ici non pas pour observer, mais pour contribuer, proposer et nous engager. Nous sommes conscients de la responsabilité que représente cette opportunité, et nous entendons l'honorer pleinement.

Car les défis que j'ai évoqués le chômage des jeunes, leur exclusion des espaces décisionnels, la réduction des libertés civiques, ne doivent pas être l'avenir de notre continent.

Ils doivent devenir une page de notre histoire, celle que nous aurons eu le courage de tourner ensemble.

La paix durable et la stabilité démocratique ne peuvent donc pas être garanties si les jeunes restent absents des espaces de prise de décision.

L'inclusion des jeunes ne doit pas être symbolique ou occasionnelle.

Elle doit être institutionnalisée, significative et soutenue par des ressources adéquates.

Les jeunes ne doivent pas être consultés uniquement en période de crise ; ils doivent être pleinement associés à l'élaboration des politiques publiques, à la prévention des conflits, à la gouvernance et à la consolidation de la paix.

Originaire d'Afrique centrale, une région confrontée à de multiples défis sécuritaires et humanitaires, j'ai pu constater personnellement le rôle transformateur que jouent les jeunes et les femmes dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la résilience communautaire.

Lorsqu'ils sont soutenus et responsabilisés, les jeunes deviennent des médiateurs, des innovateurs, des bâtisseurs de paix et des défenseurs de la démocratie.

Mais lorsqu'ils sont exclus, leur frustration peut être exploitée par des acteurs violents, des discours extrémistes, la désinformation ou d'autres forces qui fragilisent davantage nos sociétés.

Excellences,

L'avenir de la stabilité en Afrique dépendra de notre capacité collective à bâtir un nouveau contrat social entre les États et les citoyens, en particulier avec la jeunesse.

Ce contrat social devrait reposer sur quatre piliers fondamentaux :

La confiance ; La participation ; La redevabilité  et La responsabilité partagée.

À cette fin, permettez-moi de formuler cinq priorités :

Premièrement,  institutionnaliser la participation des jeunes dans les processus de gouvernance, de paix et de sécurité à tous les niveaux.

Deuxièmement,  investir davantage dans une éducation de qualité, le développement des compétences et la création d'emplois décents.

Troisièmement,  renforcer l'éducation civique et démocratique afin de promouvoir une culture de paix et de participation citoyenne.

Quatrièmement,  promouvoir un environnement favorable à la participation civique constructive, au dialogue et à l'engagement pacifique.

Enfin,  accélérer la mise en œuvre du Cadre continental de l'UA sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité ainsi que des Plans d'action nationaux dans les États membres.

Excellences,

La plus grande richesse de l'Afrique ne réside ni dans ses ressources minières ni dans ses richesses naturelles.

Sa plus grande richesse, c'est sa population. Et parmi cette population, la jeunesse constitue son atout stratégique le plus précieux.

 

L'Afrique que nous voulons ne peut pas être construite pour les jeunes, sans les jeunes.

Rappelons-nous que la prévention des changements anticonstitutionnels de gouvernement n'est pas la responsabilité exclusive des gouvernements. C'est une responsabilité partagée qui requiert un leadership redevable, une citoyenneté active, des institutions résilientes et des jeunes responsabilisés.

Passons donc des promesses à l'action, de la consultation à la co-création, et de l'exclusion à une inclusion véritable et significative.

Car l'avenir de l'Afrique n'est pas demain.

L'avenir de l'Afrique, c'est maintenant.

Il se construira avec une jeunesse engagée, responsable, innovante et guidée par la lumière, l’expérience et la sagesse de celles et ceux qui l’accompagnent. 

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

Mme Amina Bello

Ambassadrice Africaine de la Jeunesse pour la Paix — Union Africaine

Région Afrique Centrale  |  Accra, Ghana  |  3 juillet 2026

Posted by Situation Room ICU

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