Message de S.E. Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire aux Affaires Politiques, à la Paix et à la Sécurité, Commission de l’Union Africaine, à l’occasion de la célébration de la 12ème édition de la Journée Africaine des Frontières, le 07 juin 2022 Last Updated on Wednesday 08 June 2022


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Concitoyens Africains,

Ce 7 juin, nous célèbrerons la 12ème édition de la Journée Africaine des Frontières sous le thème « Le développement des zones frontalières à travers la ratification et la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur la coopération transfrontalière (Convention de Niamey) ».

Il me plait de rappeler que la Journée Africaine des Frontières a été instituée à la suite de la recommandation par les Ministres africains en charge des frontières tenue le 25 mai 2010 en référence à la date de lancement du Programme Frontière de l’Union Africaine (PFUA). La proposition a, par la suite, été adoptée par la 17ème Session ordinaire du Conseil Exécutif [EX.CL/Dec.563(XVII)] tenue à Kampala en Ouganda le 25 juillet 2010.  

Plus qu’un moment festif, la commémoration de la Journée Africaine des Frontières nous offre l’opportunité de réfléchir sur le Programme Frontière de l’Union Africaine. Un bilan, même sommaire, montre que de 2007 à nos jours, le programme a fait des progrès significatifs et a enregistré des acquis importants.

Il a permis à l’Union africaine d’adopter et d’utiliser des instruments qui supportent sa vision des frontières interétatiques.

Le premier instrument est la Convention de l’Union africaine sur la coopération transfrontalière également connue sous le nom de Convention de Niamey. Adoptée en 2014, elle définit les modalités et domaines de coopération par-delà les frontières entre États voisins et autorités locales adjacentes au bénéfice des communautés frontalières. La convention de Niamey contribue, si elle est mise en œuvre, à la paix, la sécurité et la stabilité ainsi qu’au développement socioéconomique des zones frontalières.

Le second instrument, adopté en 2020, est la Stratégie de l’Union africaine pour une meilleure gouvernance intégrée des frontières. La stratégie fournit des orientations, lignes directrices et recommandations pertinentes aux États membres qui souhaitent élaborer leur propre politique nationale des frontières. Elle couvre des domaines variés et complémentaires que sont la prévention des conflits et la lutte contre les menaces transnationales ; la mobilité, la migration et la facilitation du commerce ; la gestion coopérative des frontières et le développement des espaces frontaliers.

Au nom du président de la Commission de l’Union africaine, S.E. Moussa Gaki Mahamat, j’exhorte les États membres à s’inspirer des recommandations de la stratégie de l’Union africaine pour la gouvernance des frontières dans l’élaboration de leurs politiques nationales de frontières. Je saisis également l’occasion pour réitérer l’appel de la Commission de l’Union Africaine aux États membres qui ne l’ont pas encore fait, à signer, ratifier et domestiquer la Convention de Niamey.

Le programme Frontière de l’Union africaine se caractérise également par une action soutenue aux échelles continentale, régionales et nationales. Le chemin parcouru en quinze ans de mise en œuvre atteste de la pertinence continue des choix initiaux de travailler dans les domaines de la délimitation et démarcation ; de la coopération transfrontalière et du renforcement des capacités des acteurs des frontières.

A travers le continent, des commissions conjointes des États membres sont, sans relâche, à pied d’œuvre pour délimiter et démarquer leurs frontières interétatiques communes. Des traités de démarcation et des conventions de coopération transfrontalière sont continuellement élaborés et signés entre États membres. Des politiques nationales de gestion des frontières sont définies et des programmes et plans nationaux de mise en œuvre de celles-ci sont élaborés. Des mesures diverses de coopération transfrontalière sont prises. Des sessions de formations variées au bénéfice des experts nationaux des frontières sont organisées. Des outils pédagogiques et connaissances sur la gestion des frontières sont produits et largement disséminés. Des efforts de coordination et de mise en cohérence des interventions sont faits entre les niveaux continental et régionaux.

A travers ce programme, nous nous employons collectivement et résolument à transformer les frontières interétatiques africaines en zones de développement et en passerelles qui promeuvent la libre circulation des personnes, des biens et des services et contribuent ainsi aux objectifs de la ZLECAF. Cette orientation justifie le thème de cette 12ème édition : « Le développement économique et social des zones frontalières à travers la ratification et la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur la coopération transfrontalière ».

De fait, le message que je lance en ce jour de commémoration est un message d’amplification et de massification des initiatives de coopération transfrontalière. Cela est d’autant plus impératif que les enjeux et défis sécuritaires de l’heure se concentrent, pour une part importante, dans les zones frontalières. Plus que jamais, c’est dans ces lieux, sanctuaires du grand banditisme, de la criminalité transfrontalière et des groupes terroristes, que nous devons focaliser notre attention et nos actions de prévention des conflits, de promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité.

Dans le même temps, il nous incombe de conjuguer nos efforts pour insuffler une dynamique encore plus forte de résilience afin de contrer les défis inhérents aux zones frontalières et de doter les communautés locales des outils nécessaires pour les relever et les résoudre.

L’adoption de stratégies plus coopératives de part et d’autre des frontières est un gage d’efficacité et d’efficience dans la gestion des déplacements forcés des populations, des crises alimentaires, des drames humanitaires et des conflits liés au contrôle et à l’accès aux ressources naturelles.

C’est dans cet espoir de réalisation d’une convergence continentale la plus large possible que je lance un vibrant appel à tous les États membres de l’Union Africaine afin qu’ils commémorent cette édition 2022 de la Journée Africaine des Frontières sous le signe de la promotion de la coopération transfrontalière et la mise en œuvre des provisions contenues dans la Convention de l’Union africaine sur la coopération transfrontalière.  

Mon souhait le plus ardent est de voir, ce jour-là, essaimer des événements partout dans le continent commémorant cet thème via des émissions télévisées et radiophoniques ; des conférences-débats et fora de réflexions ; des activités ludiques et éducatives dans les écoles ; des manifestations sportives et culturelles et des inaugurations diverses dans les zones frontières.

Je vous souhaite une bonne commémoration de la Journée Africaine des Frontières.

Posted by Limi Mohammed

Last updated by Abraham Kebede

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